Films du mardi 17 juillet
COMBATTIMENTO
Un film d'Anna-Célia Kendall
1979, 13 min
Il Combattimento di Tancredi e Clorinda (Le
Combat de Tancrède et de Clorinde) est une œuvre de Claudio Monteverdi.
Sa première représentation eut lieu lors du carnaval de Venise de 1624
chez le sénateur Girolamo Moceningo, protecteur du musicien. Il est
inclus dans son huitième et dernier livre de madrigaux, dit Madrigali guerrieri e amorosi (Madrigaux guerriers et amoureux), publié en 1638. Il reprend un extrait de La Jérusalem délivrée du Tasse.
Le
narrateur (Testo) raconte le combat de Tancrède, preux chevalier, contre
Clorinde, une belle musulmane, déguisée en soldat, dont il est
amoureux. Tancrède, après un duel acharné, la transperce de son épée.
Son dernier souffle exprime sa foi nouvelle dans le dieu chrétien et
elle pardonne à son agresseur. Il la reconnaît, devient ivre de douleur.
Elle expire, apaisée.
Monteverdi décrivait Il Combattimento comme
une œuvre théâtrale et lyrique d'un nouveau genre qui a ému les
auditeurs jusqu'aux larmes, rien de semblable n'ayant été ni vu ni
entendu jusqu'alors. Pour exprimer les passions extrêmes, Monteverdi
concentre ses efforts sur les pouvoirs des motifs rythmiques,
incroyablement expressifs et évocateurs : la colère (ira) s’oppose dans ce combat à la tempérance (temperanza) et à l’humilité (umiltà).
Le texte est essentiellement chanté par le narrateur (Testo), et
l'accompagnement instrumental est composé de quatre violes, d’une
contrebasse, d’un clavecin.
Texte de présentation du catalogue des Films sur la musique
THE FULL MONTEVERDI
Un film de John La Bouchardière
2007, 60 min
En 2002, le metteur en scène,
spécialiste d’opéra, John La Bouchardière propose aux Fagiolini,
l’un des meilleurs ensembles vocaux britanniques, l’idée
aventureuse de mettre en scène le Quatrième Livre de Madrigaux
de Monteverdi. En 2004, un spectacle est monté, mettant en scène
six couples de comédiens chanteurs répartis au sein même du
public. Quatre-vingt-huit représentations plus tard, en 2007, la
tournée se conclut par un immense succès au Lincoln Center de New
York. En brisant la plupart des règles suivant lesquelles cette
musique est habituellement donnée, le spectacle offrait une
profondeur d’émotion radicalement nouvelle. En 2007, John La
Bouchardière conçut un film qu’il réalisera pour la télévision
et qui sera très largement diffusé, avant de faire l’objet d’une
exploitation en DVD.
Le Quatrième Livre, publié en
1603, un sommet du genre madrigalesque, explore les différents états
émotionnels d’amoureux en crise, une musique étonnamment moderne
dont le traitement visuel d’un film propose une transcription
crédible. The Full Monteverdi évoque les ruptures
amoureuses, depuis le choc de la révélation, la montée de la
colère vengeresse jusqu’aux espoirs fébriles de réconciliation.
Des dialogues traversés de motifs déclamatoires, d’appels
implorants avivant douleur et nostalgie alternent avec des moments
magiquement élégiaques et tendrement langoureux. Le film, chanté
sur toute sa durée, se déroule au cours d’une soirée et de son
lendemain matin, avec plusieurs scènes tournées en flash-back. Il
donne au spectateur des clés d’une compréhension de ce qui se
joue dans la musique.
Texte de présentation du catalogue des Films sur la musique
Bande-annonce du site officiel du film
Présentation de la séance
LA REALISATRICE ET INTERVENANTE : ANNA-CELIA KENDALL
Diplômée de
l'I.D.H.E.C. en 1981 (34ème promotion), scripte, assistante et monteuse
à ses débuts, Anna-Célia
Kendall est également licenciée en littérature
anglophone et élève du Conservatoire National Supérieur de Musique
de Paris en danse classique. Dans les années 1980, elle est chargée de cours à la FEMIS, à
l'École du Louvre et à l'École du Patrimoine.
Ses films font une
large place à musique, à la danse, et aux arts plastiques. Certains
d'entre eux ont été remarqués dans les festivals, certains ont
trouvé une diffusion en salle, d'autres à la télévision,
notamment :
COMBATTIMENTO,
1979, mise en scène originale d'après une mimo cantate de CLAUDIO
MONTEVERDI, Quinzaine des Réalisateurs CANNES,
Sortie salles Gaumont.
COURAGE
NOUNOURS, 1981, avec CHRISTINE PASCAL, Quinzaine
des réalisateurs, CANNES.
Traces de pas,
1984, avec KISTOU DUBOIS chorégraphe, GAËL DE KERET haute-contre,
malades de l’hôpital psychiatrique de Ville-Évrard, Sortie
salle Entrepôt-Documentaire sur Grand Écran.
CARLOTTA IKEDA,
danseuse de buto, DANSEUSE DE TOUTE LA PEAU, 1984,
"Nuits d’été" TF1 .
travailler À
DOMICILE, 1986, collection de portraits, la SEPT/ARTE, Prix
meilleur documentaire Festivals TOKYO et RIO .
CHANSON POUR
MES HABITS, 1986, pour le couturier Jacques Estérel,
musique originale de JACQUES LEDERLIN, chorégraphie GEORGES APPAIX .
OGRE MANGEANT
DES JEUNES FEMMES SOUS LA LUNE, 1989, mise en scène originale
d'après l'opéra de MAURICE OHANA, la SEPT/ARTE, prix
Festival de Films sur l'Art UNESCO .
ChantS
d’outre-Temps, 1996, genèse d’une pièce de théâtre
musical d’après un manuscrit du XIIIème par Marcel PÉrÈs et
l’Ensemble Organum, ARTE/France 3.
Le paRTAGE DES
LARMES, documentaire de création, 2002, ARTE, LUSSAS,
prix Festival Traces de vies CLERMONT-FERRAND
Divers Portraits
de photographes, designers, auteurs de bandes dessinées ou
d’architectes, tels que Peter KNAPP, Andrée PUTMAN, Claire
BRETECHER, René PETILLON, Jean NOUVEL, Festival
de Films sur l'Art prix UNESCO, France 5.
Collection DESIGN
diffusée par ARTE, prod. Centre G. Pompidou/ARTE :
LE SOFA BUBBLE
CLUB créé par PHILIPPE STARCK, 2005,
La CafetiÈre
Conica créée par l'architecte Aldo Rossi, 2006, sélection FIFA (Festival de films sur l’art de
Montréal), prix FIAMP (films sur le Patrimoine),
LE
1ER WALKMAN,
2007, Centre G. Pompidou/ARTE
LA LAMPE
ARCO, 2008,
LA BRIQUE LEGO,
2009,
LA PREMIÈRE
CUISINE INTÉGRÉE de l’architecte S-LIHOTZKY, 2010.
Recréation de
Machinations, pièce de théâtre musical de GeORGES APERGHIS,
2011.
Anna-Célia Kendall était l'invitée de "Pas la peine de crier" par Marie Richeux sur France Culture ce mardi 17 juillet 2012, pour évoquer Machinations.
/// A PROPOS DE ...
CLAUDIO MONTEVERDI
Compositeur italien né à Crémone en Mai 1567 et décédé à Venise en Novembre 1643. Il fait son apprentissage musical, chant et théorie, avec le maître de
chapelle de la cathédrale de Crémone, et se révèle très rapidement
compositeur : il fait publier son premier recueil de motets à 15 ans.
Il se rend à Milan en 1589, à la cour du duc de Mantoue, puis trois ans plus tard à celle de Vincenzo 1er.
Il suivra le duc de Mantoue dans ses campagnes en Autriche, Hongrie et en Flandre.
En 1599, il épouse la chanteuse Claudia de Cataneis à Mantoue, où deux ans plus tard il deviendra maître de Chapelle.
Monteverdi publie deux recueils de madrigaux (1603 et 1605), et son premier opéra L'Orfeo, est créé en février 1607.
Cette même année, il va être nommé membre de l'Accademia degli Animori
de Crémone, mais il va aussi perdre sa femme, qui lui avait donné trois
enfants.
En 1608, est représentée l'Arianna, commandée pour le mariage de François de Gonzague et de Marguerite de Savoie.
En 1612, son protecteur le duc de Mantoue, décède.
Un an plus tard, Monteverdi obtient le poste de maître de chapelle de
Saint-Marc à Venise, et le restera jusqu'à la fin de ses jours.
Seront créés : le ballet Tirsi e Clori (1616), la cantate Il combattimento di Tancredi e Clorinda (1624), l'opéra Proserpina rapita (1630), et dans la même année, une Messe d'action de grâce pour Saint-Marc.
Il entre dans le ordres en 1632, et publie un grand recueil rétrospectif de ses oeuvres en 1638.
Durant les quatre années suivantes, les trois opéras Il ritorno d'Ulisse in patria, Le nozze d'Enea con Lavinia, et L'incoronazione di Poppea, seront représentés à Venise.
Le Quatrième livre des Madrigaux
Le quatrième livre de
madrigaux (titre original en italien, Quarto libro dei Madrigali) est
un recueil de dix-neuf madrigaux à cinq voix (le 6e est en deux
parties) composés par Claudio Monteverdi en 1603.
Les madrigaux sont composés
sur des textes de poètes célèbres à l’époque, en particulier
Giovanni Battista Guarini, Ridolfo Arlotti et Torquato Tasso, mais
aussi sur des vers d’auteurs anonymes.
Effectif vocal
Les madrigaux sont composés
pour cinq voix, à savoir le canto qui correspond à la voix
supérieure (souvent tenue dans les interprétations modernes par une
soprano), la deuxième voix, l'alto (mezzo-soprano, contralto, ou
contre-ténor), ensuite le tenore (ténor), le basso (basse), et le
quinto. Cette dernière partie n'équivaut pas à une tessiture
précise, mais pouvait être chantée par une deuxième soprano, alto
ou ténor selon les madrigaux. On désignait cette partie dans les
traités musicaux du XVIe siècle sous la dénomination de vox
vagans, signifiant « voix errante ».
Les madrigaux
- Ah, dolente partita !
(Guarini)
- Cor moi, mentre vi miro
(Guarini)
- Cor moi, mon mori ?
E mori ! (anonyme)
- Sfogava con le stelle
(Ottavio Rinuccini)
- Volgea l’anima mea
soavemente (Guarini)
- Anima mia, perdona –
1e partie (Guarini)
Che se tu sei il cor mio – 2e partie
- Luci serene e chiare
(Arlotti)
- La piaga ch’o nel
core (Aurelio Gatti)
- Voi pur da me partite
(Guarini)
- A un giro sol (Guarini)
- Ohimè, se tanto amate
(Guarini)
- Io mi son giovinetta
(anonyme)
- Quell’augellin che
canta (Guarini)
- Non piu guerra, pietate
(Guarini)
- Si, ch’io vorrei
morire (Mauritio Moro)
- Non piu guerra, pietate
(Guarini)
- Anima del cor mio
(anonyme)
- Longe da te, cor mio
(anonyme)
- Piagne e sospira
(Tasso)
Dédicace et orientation musicale
Le quatrième livre de
madrigaux est dédié « à mes Illustrissimes cavaliers amis et
très nobles seigneurs académiques Intrépides de Ferrare ».
Monteverdi avait d’abord eu l’intention d’offrir ce recueil au
duc Alphonse II d'Este, duc de Ferrare, dans l’espoir d’obtenir
un poste de maître de chapelle. Le duc étant mort en 1597,
Monteverdi tourne ses espoirs vers Mantoue, où il obtient enfin le
poste désiré.
D'après l'article de Wikipédia
IL COMBATTIMENTO DI TANCREDI E CLORINDA (1624)
Texte de présentation de l'Opéra de Rouen Haute Normandie du concert du 13/03/10
(direction musicale Vincent Duhesme)
Composé
par Claudio Monteverdi avant le carnaval de 1624, mais publié
seulement en 1638 parmi ses madrigaux guerriers et amoureux, le Livre
VIIIe, Il Combattimento di Tancredi e Clorinda (Le combat de Tancrède
et Clorinde) rentre dans la phase finale du projet artistique que le
compositeur a mené une grande partie de sa vie : traduire en musique
les états d’âme et les passions inspirées par un texte poétique.
De ce point de vue, Il Combattimento peut être considéré comme une
oeuvre expérimentale, au sens le plus moderne du terme, dans la
recherche de nouveaux moyens d’expression. S’il y avait des
styles qui représentaient bien la joie, la douleur ou la tendresse,
il n’y en avait pas encore – ce que Monteverdi écrit dans sa
préface au Livre VIIIe – pour les passions guerrières, telles que
le dépit, la rage et la fureur. Avec Il Combattimento il essaie
alors de parcourir une voie encore jamais empruntée et de combler ce
manque en adaptant le rythme du chant et, plus encore, de
l’accompagnement instrumental – un petit orchestre à cordes,
dont les instruments « devront être joués à l’imitation des
passions de l’oraison » – aux mouvements intérieurs,
psychologiques comme physiologiques, et aux gestes des personnages du
XIIe chant de la Jérusalem délivrée de Tasse. Les octaves 52-62 et
64-68, légèrement modifiées par Monteverdi, lui ont permis de bien
contraster les images et les affects évoqués par la rage guerrière
du chrétien Tancredi et de la « païenne » Clorinda. Celle-ci,
déguisée en chevalier, combat Tancredi qui l’aime mais ne la
reconnaît pas et la transperce de son épée. Avant de mourir,
Clorinda énonce une prière où elle exprime sa dévotion pour le
Dieu chrétien. Le texte participe clairement à renforcer la
dimension émotionnelle de la tragédie qui s’accomplit.
Dans
sa partition, Monteverdi n’économise pas les marques d’expression
pour les instruments et ne se borne pas aux piano et forte, qui
commencent alors à paraître dans les partitions de musique. Dans
les moments d’intensité des combats, il note simplement « guerra
» (« guerre ») pour indiquer aux exécutants la bonne
interprétation ; et, pour mieux représenter l’acharnement dans la
bataille, il adopte un rythme percussif et prescrit des effets
sonores tels que le tremolo (répétition très rapide d’un
même son) et le pizzicato (pincement des cordes des
instruments avec les doigts, sans employer l’archet). Un nouveau
style est né, le stile concitato (style agité). Secondées
par l’orchestre, les images évoquées par la poésie se suivent :
le motif du cheval de Tancredi, plus lent, plus vif, piaffeur ; les
pas des deux guerriers, alourdis par leurs cuirasses ; la rage du
combat ; les éclats des épées. Une brève parenthèse lyrique,
introduite par quelques mesures instrumentales, interrompt le combat
: c’est la description de la nuit et de la nature, l’ultime et
doux regard sur la beauté de la vie de ceux qui s’apprêtent à
mourir. Ces évocations renforcent le contraste avec la brutalité de
la guerre : comme le combat reprend, les instruments aussi reprennent
leur description vivante et poignante de la rage intérieure des
chevaliers, du coup des épées qui se croisent, du heurtement des
boucliers.
Le chant se
transforme en onomatopée de la frénésie belliqueuse et de
l’excitation à bout de souffle. La poésie même est brisée, les
mots sont répétés rapidement et transformés en pur et simple
matériau phonique, pour représenter la fougue du combat et
l’anxiété de tuer pour ne pas être tué. Le combat s’interrompt
: les chevaliers sont épuisés, halètent, se regardent, se parlent
et se défient encore. La lutte reprend, avec une nouvelle ardeur,
jusqu’à la blessure fatale de Clorinda, à sa perte de force, à
sa chute. La musique change alors, accompagnant Clorinda lorsqu’elle
s’évanouit, qu’elle pardonne à Tancredi et que, enfin, celui-ci
la reconnaît. Suivent sa conversion et sa mort transfigurée comme
une assomption.
À proprement
parler, Il Combattimento s’approche plus de la cantate de
chambre (composition dramatique, en forme non scénique, pour un
ensemble réduit d’interprètes) que de l’opéra même si, dans
sa partition, le compositeur admit qu’on puisse l’exécuter « en
genre représentatif », avec un complet accord – il le souligne
bien – entre geste et poésie (« ils feront les pas et les gestes
d’après l’expression de l’oraison, ni plus, ni moins »). À
Venise, au carnaval de 1624 lors de sa première exécution au palais
du comte Girolamo Mocenigo – comme le raconte le compositeur dans
sa préface –, « toute la noblesse en resta bouleversée et
tellement prise de compassion qu’elle fut sur le point de verser
des larmes ; et applaudit à ce genre de chant jamais encore vu ni
entendu ». Ce qui arrivera encore aujourd’hui à ceux qui se
laisseront pénétrer par la charge émotionnelle de cette
extraordinaire union de la poésie et de la musique.
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DES LIENS
POUR ALLER PLUS LOIN
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Le site officiel du film The Full Monteverdi
Le site officiel de I Fagionili
Le site musicologie.org Catalogue des oeuvres de Claudio Monteverdi, partitions, discographie, bibliographie..
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