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mardi 17 juillet 2012

Crudeltà, Vertigini, Vocalità | 17 juillet

Films du mardi 17 juillet



COMBATTIMENTO

Un film d'Anna-Célia Kendall

1979, 13 min

Il Combattimento di Tancredi e Clorinda (Le Combat de Tancrède et de Clorinde) est une œuvre de Claudio Monteverdi. Sa première représentation eut lieu lors du carnaval de Venise de 1624 chez le sénateur Girolamo Moceningo, protecteur du musicien. Il est inclus dans son huitième et dernier livre de madrigaux, dit Madrigali guerrieri e amorosi (Madrigaux guerriers et amoureux), publié en 1638. Il reprend un extrait de La Jérusalem délivrée du Tasse.
Le narrateur (Testo) raconte le combat de Tancrède, preux chevalier, contre Clorinde, une belle musulmane, déguisée en soldat, dont il est amoureux. Tancrède, après un duel acharné, la transperce de son épée. Son dernier souffle exprime sa foi nouvelle dans le dieu chrétien et elle pardonne à son agresseur. Il la reconnaît, devient ivre de douleur. Elle expire, apaisée.

Monteverdi décrivait Il Combattimento comme une œuvre théâtrale et lyrique d'un nouveau genre qui a ému les auditeurs jusqu'aux larmes, rien de semblable n'ayant été ni vu ni entendu jusqu'alors. Pour exprimer les passions extrêmes, Monteverdi concentre ses efforts sur les pouvoirs des motifs rythmiques, incroyablement expressifs et évocateurs : la colère (ira) s’oppose dans ce combat à la tempérance (temperanza) et à l’humilité (umiltà). Le texte est essentiellement chanté par le narrateur (Testo), et l'accompagnement instrumental est composé de quatre violes, d’une contrebasse, d’un clavecin.

Texte de présentation du catalogue des Films sur la musique




THE FULL MONTEVERDI

Un film de John La Bouchardière

2007, 60 min


En 2002, le metteur en scène, spécialiste d’opéra, John La Bouchardière propose aux Fagiolini, l’un des meilleurs ensembles vocaux britanniques, l’idée aventureuse de mettre en scène le Quatrième Livre de Madrigaux de Monteverdi. En 2004, un spectacle est monté, mettant en scène six couples de comédiens chanteurs répartis au sein même du public. Quatre-vingt-huit représentations plus tard, en 2007, la tournée se conclut par un immense succès au Lincoln Center de New York. En brisant la plupart des règles suivant lesquelles cette musique est habituellement donnée, le spectacle offrait une profondeur d’émotion radicalement nouvelle. En 2007, John La Bouchardière conçut un film qu’il réalisera pour la télévision et qui sera très largement diffusé, avant de faire l’objet d’une exploitation en DVD.
Le Quatrième Livre, publié en 1603, un sommet du genre madrigalesque, explore les différents états émotionnels d’amoureux en crise, une musique étonnamment moderne dont le traitement visuel d’un film propose une transcription crédible. The Full Monteverdi évoque les ruptures amoureuses, depuis le choc de la révélation, la montée de la colère vengeresse jusqu’aux espoirs fébriles de réconciliation. Des dialogues traversés de motifs déclamatoires, d’appels implorants avivant douleur et nostalgie alternent avec des moments magiquement élégiaques et tendrement langoureux. Le film, chanté sur toute sa durée, se déroule au cours d’une soirée et de son lendemain matin, avec plusieurs scènes tournées en flash-back. Il donne au spectateur des clés d’une compréhension de ce qui se joue dans la musique.

Texte de présentation du catalogue des Films sur la musique



Bande-annonce du site officiel du film




 

Présentation de la séance


 

LA REALISATRICE ET INTERVENANTE : ANNA-CELIA KENDALL

 

Diplômée de l'I.D.H.E.C. en 1981 (34ème promotion), scripte, assistante et monteuse à ses débuts, Anna-Célia Kendall est également licenciée en littérature anglophone et élève du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris en danse classique. Dans les années 1980, elle est chargée de cours à la FEMIS, à l'École du Louvre et à l'École du Patrimoine.
 
Ses films font une large place à musique, à la danse, et aux arts plastiques. Certains d'entre eux ont été remarqués dans les festivals, certains ont trouvé une diffusion en salle, d'autres à la télévision, notamment :

COMBATTIMENTO, 1979, mise en scène originale d'après une mimo cantate de CLAUDIO MONTEVERDI, Quinzaine des Réalisateurs CANNES, Sortie salles Gaumont.
COURAGE NOUNOURS, 1981, avec CHRISTINE PASCAL, Quinzaine des réalisateurs, CANNES.
Traces de pas, 1984, avec KISTOU DUBOIS chorégraphe, GAËL DE KERET haute-contre, malades de l’hôpital psychiatrique de Ville-Évrard, Sortie salle Entrepôt-Documentaire sur Grand Écran.
CARLOTTA IKEDA, danseuse de buto, DANSEUSE DE TOUTE LA PEAU, 1984, "Nuits d’été" TF1 .
travailler À DOMICILE, 1986, collection de portraits, la SEPT/ARTE, Prix meilleur documentaire Festivals TOKYO et RIO .
CHANSON POUR MES HABITS, 1986, pour le couturier Jacques Estérel, musique originale de JACQUES LEDERLIN, chorégraphie GEORGES APPAIX .
OGRE MANGEANT DES JEUNES FEMMES SOUS LA LUNE, 1989, mise en scène originale d'après l'opéra de MAURICE OHANA, la SEPT/ARTE, prix Festival de Films sur l'Art UNESCO .
ChantS d’outre-Temps, 1996, genèse d’une pièce de théâtre musical d’après un manuscrit du XIIIème par Marcel PÉrÈs et l’Ensemble Organum, ARTE/France 3.
Le paRTAGE DES LARMES, documentaire de création, 2002, ARTE, LUSSAS, prix Festival Traces de vies CLERMONT-FERRAND

Divers Portraits de photographes, designers, auteurs de bandes dessinées ou d’architectes, tels que Peter KNAPP, Andrée PUTMAN, Claire BRETECHER, René PETILLON, Jean NOUVEL, Festival de Films sur l'Art prix UNESCO, France 5.

Collection DESIGN diffusée par ARTE, prod. Centre G. Pompidou/ARTE :
LE SOFA BUBBLE CLUB créé par PHILIPPE STARCK, 2005,
La CafetiÈre Conica créée par l'architecte Aldo Rossi, 2006, sélection FIFA (Festival de films sur l’art de Montréal), prix FIAMP (films sur le Patrimoine),
LE 1ER WALKMAN, 2007, Centre G. Pompidou/ARTE
LA LAMPE ARCO, 2008,
LA BRIQUE LEGO, 2009,
LA PREMIÈRE CUISINE INTÉGRÉE de l’architecte S-LIHOTZKY, 2010.

Recréation de Machinations, pièce de théâtre musical de GeORGES APERGHIS, 2011.



Anna-Célia Kendall était l'invitée de "Pas la peine de crier" par Marie Richeux sur France Culture ce mardi 17 juillet 2012, pour évoquer Machinations.






/// A PROPOS DE ...


CLAUDIO MONTEVERDI
Compositeur italien né à Crémone en Mai 1567 et décédé à Venise en Novembre 1643. Il fait son apprentissage musical, chant et théorie, avec le maître de chapelle de la cathédrale de Crémone, et se révèle très rapidement compositeur : il fait publier son premier recueil de motets à 15 ans.
Il se rend à Milan en 1589, à la cour du duc de Mantoue, puis trois ans plus tard à celle de Vincenzo 1er.
Il suivra le duc de Mantoue dans ses campagnes en Autriche, Hongrie et en Flandre.
En 1599, il épouse la chanteuse Claudia de Cataneis à Mantoue, où deux ans plus tard il deviendra maître de Chapelle.
Monteverdi publie deux recueils de madrigaux (1603 et 1605), et son premier opéra L'Orfeo, est créé en février 1607.
Cette même année, il va être nommé membre de l'Accademia degli Animori de Crémone, mais il va aussi perdre sa femme, qui lui avait donné trois enfants.
En 1608, est représentée l'Arianna, commandée pour le mariage de François de Gonzague et de Marguerite de Savoie.
En 1612, son protecteur le duc de Mantoue, décède.
Un an plus tard, Monteverdi obtient le poste de maître de chapelle de Saint-Marc à Venise, et le restera jusqu'à la fin de ses jours.
Seront créés : le ballet Tirsi e Clori (1616), la cantate Il combattimento di Tancredi e Clorinda (1624), l'opéra Proserpina rapita (1630), et dans la même année, une Messe d'action de grâce pour Saint-Marc.
Il entre dans le ordres en 1632, et publie un grand recueil rétrospectif de ses oeuvres en 1638.
Durant les quatre années suivantes, les trois opéras Il ritorno d'Ulisse in patria, Le nozze d'Enea con Lavinia, et L'incoronazione di Poppea, seront représentés à Venise.



Le Quatrième livre des Madrigaux


Le quatrième livre de madrigaux (titre original en italien, Quarto libro dei Madrigali) est un recueil de dix-neuf madrigaux à cinq voix (le 6e est en deux parties) composés par Claudio Monteverdi en 1603.
Les madrigaux sont composés sur des textes de poètes célèbres à l’époque, en particulier Giovanni Battista Guarini, Ridolfo Arlotti et Torquato Tasso, mais aussi sur des vers d’auteurs anonymes.

Effectif vocal

Les madrigaux sont composés pour cinq voix, à savoir le canto qui correspond à la voix supérieure (souvent tenue dans les interprétations modernes par une soprano), la deuxième voix, l'alto (mezzo-soprano, contralto, ou contre-ténor), ensuite le tenore (ténor), le basso (basse), et le quinto. Cette dernière partie n'équivaut pas à une tessiture précise, mais pouvait être chantée par une deuxième soprano, alto ou ténor selon les madrigaux. On désignait cette partie dans les traités musicaux du XVIe siècle sous la dénomination de vox vagans, signifiant « voix errante ».

Les madrigaux

  1. Ah, dolente partita ! (Guarini)
  2. Cor moi, mentre vi miro (Guarini)
  3. Cor moi, mon mori ? E mori ! (anonyme)
  4. Sfogava con le stelle (Ottavio Rinuccini)
  5. Volgea l’anima mea soavemente (Guarini)
  6. Anima mia, perdona – 1e partie (Guarini)
    Che se tu sei il cor mio – 2e partie

  7. Luci serene e chiare (Arlotti)
  8. La piaga ch’o nel core (Aurelio Gatti)
  9. Voi pur da me partite (Guarini)
  10. A un giro sol (Guarini)
  11. Ohimè, se tanto amate (Guarini)
  12. Io mi son giovinetta (anonyme)
  13. Quell’augellin che canta (Guarini)
  14. Non piu guerra, pietate (Guarini)
  15. Si, ch’io vorrei morire (Mauritio Moro)
  16. Non piu guerra, pietate (Guarini)
  17. Anima del cor mio (anonyme)
  18. Longe da te, cor mio (anonyme)
  19. Piagne e sospira (Tasso)

Dédicace et orientation musicale

Le quatrième livre de madrigaux est dédié « à mes Illustrissimes cavaliers amis et très nobles seigneurs académiques Intrépides de Ferrare ». Monteverdi avait d’abord eu l’intention d’offrir ce recueil au duc Alphonse II d'Este, duc de Ferrare, dans l’espoir d’obtenir un poste de maître de chapelle. Le duc étant mort en 1597, Monteverdi tourne ses espoirs vers Mantoue, où il obtient enfin le poste désiré.



IL COMBATTIMENTO DI TANCREDI E CLORINDA (1624)
Texte de présentation de l'Opéra de Rouen Haute Normandie du concert du 13/03/10
(direction musicale Vincent Duhesme)

Composé par Claudio Monteverdi avant le carnaval de 1624, mais publié seulement en 1638 parmi ses madrigaux guerriers et amoureux, le Livre VIIIe, Il Combattimento di Tancredi e Clorinda (Le combat de Tancrède et Clorinde) rentre dans la phase finale du projet artistique que le compositeur a mené une grande partie de sa vie : traduire en musique les états d’âme et les passions inspirées par un texte poétique. De ce point de vue, Il Combattimento peut être considéré comme une oeuvre expérimentale, au sens le plus moderne du terme, dans la recherche de nouveaux moyens d’expression. S’il y avait des styles qui représentaient bien la joie, la douleur ou la tendresse, il n’y en avait pas encore – ce que Monteverdi écrit dans sa préface au Livre VIIIe – pour les passions guerrières, telles que le dépit, la rage et la fureur. Avec Il Combattimento il essaie alors de parcourir une voie encore jamais empruntée et de combler ce manque en adaptant le rythme du chant et, plus encore, de l’accompagnement instrumental – un petit orchestre à cordes, dont les instruments « devront être joués à l’imitation des passions de l’oraison » – aux mouvements intérieurs, psychologiques comme physiologiques, et aux gestes des personnages du XIIe chant de la Jérusalem délivrée de Tasse. Les octaves 52-62 et 64-68, légèrement modifiées par Monteverdi, lui ont permis de bien contraster les images et les affects évoqués par la rage guerrière du chrétien Tancredi et de la « païenne » Clorinda. Celle-ci, déguisée en chevalier, combat Tancredi qui l’aime mais ne la reconnaît pas et la transperce de son épée. Avant de mourir, Clorinda énonce une prière où elle exprime sa dévotion pour le Dieu chrétien. Le texte participe clairement à renforcer la dimension émotionnelle de la tragédie qui s’accomplit. 
Dans sa partition, Monteverdi n’économise pas les marques d’expression pour les instruments et ne se borne pas aux piano et forte, qui commencent alors à paraître dans les partitions de musique. Dans les moments d’intensité des combats, il note simplement « guerra » (« guerre ») pour indiquer aux exécutants la bonne interprétation ; et, pour mieux représenter l’acharnement dans la bataille, il adopte un rythme percussif et prescrit des effets sonores tels que le tremolo (répétition très rapide d’un même son) et le pizzicato (pincement des cordes des instruments avec les doigts, sans employer l’archet). Un nouveau style est né, le stile concitato (style agité). Secondées par l’orchestre, les images évoquées par la poésie se suivent : le motif du cheval de Tancredi, plus lent, plus vif, piaffeur ; les pas des deux guerriers, alourdis par leurs cuirasses ; la rage du combat ; les éclats des épées. Une brève parenthèse lyrique, introduite par quelques mesures instrumentales, interrompt le combat : c’est la description de la nuit et de la nature, l’ultime et doux regard sur la beauté de la vie de ceux qui s’apprêtent à mourir. Ces évocations renforcent le contraste avec la brutalité de la guerre : comme le combat reprend, les instruments aussi reprennent leur description vivante et poignante de la rage intérieure des chevaliers, du coup des épées qui se croisent, du heurtement des boucliers.
Le chant se transforme en onomatopée de la frénésie belliqueuse et de l’excitation à bout de souffle. La poésie même est brisée, les mots sont répétés rapidement et transformés en pur et simple matériau phonique, pour représenter la fougue du combat et l’anxiété de tuer pour ne pas être tué. Le combat s’interrompt : les chevaliers sont épuisés, halètent, se regardent, se parlent et se défient encore. La lutte reprend, avec une nouvelle ardeur, jusqu’à la blessure fatale de Clorinda, à sa perte de force, à sa chute. La musique change alors, accompagnant Clorinda lorsqu’elle s’évanouit, qu’elle pardonne à Tancredi et que, enfin, celui-ci la reconnaît. Suivent sa conversion et sa mort transfigurée comme une assomption. 

À proprement parler, Il Combattimento s’approche plus de la cantate de chambre (composition dramatique, en forme non scénique, pour un ensemble réduit d’interprètes) que de l’opéra même si, dans sa partition, le compositeur admit qu’on puisse l’exécuter « en genre représentatif », avec un complet accord – il le souligne bien – entre geste et poésie (« ils feront les pas et les gestes d’après l’expression de l’oraison, ni plus, ni moins »). À Venise, au carnaval de 1624 lors de sa première exécution au palais du comte Girolamo Mocenigo – comme le raconte le compositeur dans sa préface –, « toute la noblesse en resta bouleversée et tellement prise de compassion qu’elle fut sur le point de verser des larmes ; et applaudit à ce genre de chant jamais encore vu ni entendu ». Ce qui arrivera encore aujourd’hui à ceux qui se laisseront pénétrer par la charge émotionnelle de cette extraordinaire union de la poésie et de la musique.

RENCONTRE AVEC LE PUBLIC

 






DES LIENS
POUR ALLER PLUS LOIN




Le site musicologie.org
Catalogue des oeuvres de Claudio Monteverdi, partitions, discographie, bibliographie..



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