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samedi 21 juillet 2012

Crudeltà, Vertigini, Vocalità | 21 juillet

Films du samedi 21 juillet
 
THELONIOUS MONK -
STRAIGHT, NO CHASER

Un film de Charlotte Zwerin


1988, 90 min



© Jean-Pierre Leloir
Jazz et cinéma ont, dès l’origine, partie liée : tous deux sont nés au début du siècle dernier et le premier film sonore, The Jazz Singer, a symbolisé, dès 1927, l’union intime des deux arts. Pourtant il existe assez peu de films sur des jazzmen : quelques beaux portraits documentaires (Cassenti, Comolli) dont la réalisation a pu échapper à l’ignorance et aux curiosités éphémères du système télévisé ordinaire. Parmi ces rescapés, les films consacrés à Chet Backer et à Thelonious Monk proposés dans cette programmation de 2012 et, il est vrai, conçus à l’origine pour le cinéma. Il faudrait citer aussi quelques biopics : Round Midnight de Bertrand Tavernier, Bird de Clint Eastwood ou encore Ray de Taylor Hackford.

Connu pour ses campagnes de publicité pour les marques Calvin Klein et Ralph Lauren, Bruce Weber est un photographe dont les clichés en noir et blanc exaltent la beauté innocente de la jeunesse californienne, dans une vision hédoniste et naturelle très made in USA, plastiquement dans le sillage d’Herbert List ou de George Platt Lynes. Dans un registre différent, Weber est également un passionné de films et s'avère être un cinéaste de talent. Il a réalisé les clips pour le groupe britannique des Pet Shop Boys et Chris Isaak. Fasciné par le documentaire et les personnalités charismatiques, Bruce Weber réalise Chop Suey en 2001, sur le lutteur Peter Johnson qu'il a photographié pendant quatre ans et Nice Girls Don't Stay For Breakfast, en 2008 sur l'acteur Robert Mitchum.
Son film le plus connu, Let’s Get Lost, sorti en 1988, évoque la vie du grand trompettiste et chanteur Chet Backer dont la vie tumultueuse défraya la chronique dans les années 50 et 60.
Le film décrit l’itinéraire tortueux de ce musicien, de l’Oklahoma à la Californie, de New York à l’Europe. Sa famille, ses amis et des musiciens issus comme lui du Jazz West Coast témoignent et le film accompagne le génial artiste jusqu’en 1987, quelques mois seulement avant sa disparition tragique.
Let’s Get Lost fut assez mal reçu et reste boudé encore par les amateurs de jazz pour lesquels il n’avait pas été seulement conçu. C’est qu’on y entend relativement peu de musique… Plus que le portrait conventionnel d’un musicien, il s’agit de la description d’un homme blessé, d’une impressionnante tragédie de la perdition, l’équivalent documentaire du Puzzle of a Downfall Child, ce portrait en fiction d’une enfant déchue, le film culte de Jerry Schatzberg, lui aussi ancien photographe de mode.

Texte de présentation du catalogue des Films sur la musique



 

L'INTERVENANT : LAURENT CUGNY


Né le 14 avril 1955 à La Garenne-Colombes (France).
Si la notoriété de Laurent Cugny est principalement attachée à ses activités d’arrangeur et chef d’orchestre, notamment à la tête de son big band Lumière ou de l’Orchestre National de Jazz (1994-1997), elle n’éclipse ni l’auteur d’ouvrages et d’articles de référence, ni son rôle croissant aux avants postes de l’enseignement et de la recherche sur le jazz en France.
Après des études de piano débutées en 1965, il forme plusieurs groupes amateurs parallèlement à des études menées hors du champ musical (sciences économiques puis études cinématographiques). 1979 voit la création, sous sa direction, du big band Lumière, en même temps que l’obtention d’un prix de piano solo au Concours national de jazz de La Défense. Le travail de cet orchestre, ponctué par six albums jusqu’en 1994, sera profondément marqué par la rencontre de son leader avec Gil Evans à l’occasion de l’écriture d’un livre. Devenue musicale, leur collaboration sera à l’origine de plusieurs concerts et enregistrements, et notamment d’une tournée européenne (1987).
Peu après l’écriture d’un second ouvrage consacré cette fois à la période électrique de Miles Davis, Laurent Cugny succède à Denis Badault pour diriger l’Orchestre National de Jazz. La formation s’appuie essentiellement, par son effectif, sur les plus fidèles de ses partenaires au sein de l’orchestre Lumière (Pierre-Olivier Govin à l’alto, Lionel Benhamou à la guitare ou encore Stéphane Huchard à la batterie). Quatre albums naissent de cette aventure brève et intense, parus sur le label Verve. Laurent Cugny se consacre ensuite, outre à la remise sur pied intermittente du big band Lumière (un album paru en 2001), à une activité en petite formation puis à l’écriture d’un opéra-jazz, La Tectonique des nuages (à partir d'une pièce de José Rivera, mise en scène de François Rancillac). L’œuvre sera créée en version concert en 2006 et reprise au théâtre de la Ville (Paris) en 2007. Entre-temps, Laurent Cugny signe de nombreux arrangements pour Lucky Peterson, Abbey Lincoln, David Linx, Juliette Gréco, Ricardo Teté, Viktor Lazlo, parmi d’autres.
Particulièrement actif pour promouvoir la diffusion du jazz sous toutes ses formes (fondateur et directeur de la Maison du Jazz entre 2000 et 2004), Laurent Cugny reprend le chemin de l’université à la fin des années 1990 et soutient en 2001 une thèse de doctorat consacrée à l’analyse de l’œuvre de jazz (publiée aux éditions Outre Mesure). Après y avoir exercé diverses activités d’enseignement, de pratique collective et de recherche et publié de nombreux articles, il est nommé professeur de musicologie en 2006 à l’université Paris-Sorbonne (Paris IV).
Laurent Cugny n’a conservé que peu de traces du free jazz, par lequel il a pourtant commencé. À la différence de nombreux musiciens français de sa génération, il assume un ancrage solide dans une certaine tradition du jazz et du blues (en témoigne la tournée réalisée avec Lucky Peterson et l’O.N.J.). Sans prôner pour autant le retour en arrière, il appuie pour sa part son œuvre de compositeur et d’arrangeur sur les acquis combinés de Miles Davis, Gil Evans et Wayne Shorter. C’est ainsi qu’il oscille entre l’exploitation de la dissonance et un statisme harmonique proche de la modalité ; entre des textures acoustiques aux alliages sophistiqués et l’énergie des instruments électrifiés ; entre de longues péroraisons soutenues par des ostinatos et des constructions formelles plus ambitieuses et contraignantes. Pianiste et claviériste, il joue à l’économie en proscrivant tout effet de virtuosité, procédant par petites touches (à la façon de Gil Evans, là encore) ou alimentant en arrière-plan le tissu collectif par des formules rythmiques brèves et répétées. Il a su, enfin, repérer et mettre en valeur des solistes d’exception tels Stéphane Guillaume, Stefano di Battista, Julien Lourau ou Stéphane Belmondo.





Présentation de la séance







EN SAVOIR PLUS ... ////



THELONIOUS MONK
Minton's Playhouse, New York, ca. September 1947.
Alors que Monk est souvent considéré comme l'un des fondateurs du bebop, l'évolution de son style personnel l'a fait s'en éloigner. Il est d’ailleurs difficile d’établir une filiation même si son jeu pianistique (assez traditionnel dans les ballades) se rapporte au jeu stride des années 1920–1930 et si son influence peut être décelée chez de nombreux musiciens. Ses compositions autant que son jeu pianistique ont suscité les plus vives réactions tant ils bousculent la mélodie, l'harmonie et le rythme. Nombre de ses compositions sont devenues des standards, par exemple : BlueMonk, ’Round Midnight, Well You Needn't, Straight, No Chaser…

Né à Rocky Mount en Caroline du Nord, sa famille s'établit à Manhattan en 1932. Il commence à jouer du piano à 6 ans et bien qu'il ait pris quelques cours, il est considéré comme un autodidacte. À 12 ans, il accompagne à l'harmonium sa mère qui chante dans l'église baptiste de son quartier. À 17 ans, il participe à la tournée d'une évangéliste.
Il suit des cours à la Stuyvesant High School mais n'a pas obtenu son diplôme.
Il trouve du travail comme musicien de jazz ; il apparaît sur des enregistrements de Jerry Newman réalisés autour de 1941 au Minton's Playhouse, un club de Harlem, où Monk est engagé comme pianiste. Son style très personnel fait sensation, et attire les grands de l'époque, Dizzy Gillespie, Bud Powell et Charlie Parker.
En 1944, Monk enregistre en studio pour la première fois avec le quartet de Coleman Hawkins. Hawkins aidera Monk en début de carrière, et Monk lui retournera la pareille en l'invitant à le rejoindre lors de sessions avec John Coltrane en 1957.
En 1947, il enregistre pour la première fois sous son nom pour Blue Note. Ces enregistrements mettent en valeur ses talents de compositeur. La même année, il se marie avec Nellie Smith. De leur union naîtra un fils, Thelonious Sphere (T.-S.) Monk (1949), qui deviendra batteur de jazz et une fille, Barbara (1953 - 1984).
En août 1951, la police de New York découvre de la drogue (cannabis) dans la voiture de Monk et de Powell. La drogue est présumée appartenir à Powell, mais Monk refusant de témoigner contre son ami, se voit confisquer sa carte lui permettant de jouer dans les clubs de New York.
Monk passe les années 1950 à composer, enregistrer et jouer dans des théâtres.
Après les enregistrements pour Blue Note de 1947 à 1952, Monk signe avec le label Prestige pour 2 ans. Il enregistre quelques albums et collabore avec Sonny Rollins et Art Blakey. En 1954, il participe également aux albums de Miles Davis : Bags' Groove et Miles Davis and the Modern Jazz Giants.
En 1954, Monk arrive pour la première fois en Europe ; il joue et enregistre à Paris. Il rencontre la baronne Pannonica de Koenigswarter, « Nica », membre de la branche anglaise de la famille Rothschild et mécène de plusieurs musiciens de jazz new-yorkais. Elle restera une amie intime toute sa vie.

Époque Riverside/Columbia

Au moment de signer pour le label Riverside, Monk est reconnu par le milieu du jazz, mais ne vend pas beaucoup d'albums : sa musique est considérée comme peu accessible pour le grand public. Riverside parvient à convaincre Monk d'enregistrer deux albums ne contenant que ses interprétations de standards de jazz, le premier sera Thelonious Monk Plays Duke Ellington entièrement constitué, comme son titre l'indique, de compositions de Duke Ellington. Après ces 2 albums destinés à rendre Monk plus populaire d'après le producteur de Riverside Orrin Keepnews1, le pianiste enregistre Brilliant Corners, album contenant beaucoup de compositions originales souvent considéré comme un de ses meilleurs2. En 1957, Monk récupère sa carte de musicien l'autorisant à jouer dans les clubs de New York et ainsi à nouveau être présent sur la scène jazz la plus importante au monde. Durant la période qui suivit il joua abondamment au Five Spot dans le cadre d'un quartet comprenant par moment un jeune saxophoniste montant, John Coltrane. De cette association les amoureux du jazz n'auront pendant longtemps que des enregistrements peu nombreux et de mauvaise qualité. Au milieu des années 2000 un enregistrement de bonne qualité du concert au Carnegie Hall donné par le quartet sera découvert par hasard pendant un archivage et édité par Blue Note. L'album intitulé Thelonious Monk Quartet with John Coltrane at Carnegie Hall est vite décrit comme un album important de ces 2 géants du jazz3.
En 1962 Monk signe chez Columbia, un des plus importants labels de l'époque. Le premier album de cette nouvelle période sera produit par Teo Macero4 et intitulé Monk's Dream, devenant l'album le plus vendu de la carrière du pianiste5. Monk enregistrera encore d'autres grands albums chez Columbia comme Criss Cross ou Underground qui contient l'unique morceau en mesure à 3/4 composé par Monk, Ugly Beauty.

Fin de carrière et décès

Monk disparaît de la scène au début des années 1970. Son dernier enregistrement date de novembre 1971 et il est rarement monté sur scène pendant la dernière décennie de sa vie. Il vit chez Pannonica de Koenigswarter les 6 dernières années de sa vie sans toucher le piano, parlant très peu. Il meurt d'une attaque cérébrale le 17 Février 1982 et est enterré au cimetière Ferncliff à Hartsdale, New York. Après sa mort, sa musique est redécouverte par un public plus large et il est considéré avec Miles Davis, John Coltrane… comme une figure majeure de l'histoire du jazz.

Anecdotes

  • Parfois pendant une performance, Monk s'arrêtait et se levait pendant que le groupe continuait. Il se mettait alors à danser et souvent à tourner sur lui-même, comme en transe.
  • Les titres des morceaux de Thelonious Monk sont souvent choisis après les enregistrements, donnant lieu a des séances de casse-tête collectifs.
    • Ainsi le titre de Let's call this provient de la perplexité de Monk, qui après avoir enregistré le titre répète machinalement : « Let's call this…, let's call this… » (Appelons-la…, appelons-la…)
    • Think of One est appelé ainsi par l'expression de la lassitude de Thelonious Monk. Après l'enregistrement, fatigué de réfléchir à un titre, il dit à son collaborateur « Think of one. (Cherches-en un.) ». Ce sont ces trois mots qui seront choisis.
  • Thelonious Monk reçoit le surnom de « Melodious Thonk » sans doute à cause de sa manière de jouer, à la fois mélodique et dissonante.
  • Le pianiste de jazz George Shearing — aveugle —, alors qu'il est escorté vers l'instrument sur lequel il veut répéter avant un concert, entendant la musique singulière — discordante — jouée par Monk, aurait déclaré  : « Oh, je reviendrai lorsque l'accordeur aura terminé. »
  • D'après Art Blakey, Monk était très bon aux échecs et aux dames.

Citations

« Bird me présenta à Thelonious Monk. Son utilisation de l'espace dans les solos, sa manipulation d'étranges progressions d'accords m'étourdissaient, me tuaient. Je me disais toujours : « Mais qu'est-ce qu'il fout ce con ? » L'utilisation de l'espace chez Monk a grandement influencé ma façon de jouer les solos.
Tout ce que Monk a composé peut se retrouver sans problème dans les rythmes nouveaux qu'utilisent aujourd'hui les jeunes musiciens — Prince, ma nouvelle musique, plein de choses. C'était un grand musicien, un novateur, surtout en composition et en écriture. Il avait l'habitude de marquer le tempo en bougeant pieds et jambes. S'ils bougeaient tout le temps, il était parti ; sinon, c'était raté. »
— Miles Davis in Miles Davis avec Quincy Troupe, Miles l'autobiographie, éd. Infolio, Gollion, 2008.







Thelonious Monk Quartet performing Straight No Chaser in televised performance at the Marquee Club, London, 1965. Charlie Rouse (ts), Thelonious Monk (p), Larry Gales (b), Ben Riley (d)





Thelonious Monk, Charlie Rouse, John Ore, Frankie Dunlop (1963 in Baden-Baden Germany)




Blue Monk recorded in 1958





LA REALISATRICE : CHARLOTTE ZWERIN

La réalisatrice américaine Charlotte Zwerin née le 15 août 1931 à Detroit dans le Michigan est décédée le 22 janvier 2004 à New York d'un cancer à l'âge de 72 ans.
Elle est la réalisatrice du film Thelonious Monk: Straight, No Chaser consacré au pianiste Thelonious Monk.
Les caméramen Michael et Christian Blackwood filment en 1967-1968, le pianiste, essentiellement durant une tournée européenne avec un orchestre d'effectifs moyen Cette œuvre d'une heure est diffusée sur une télévision allemande.
En 1980, Charlotte Zwerin est contactée par un producteur, les difficultés financières sont aplanies grâce à l'aide de Clint Eastwood. La réalisatrice enrichit le film par des extraits de séances d'enregistrements dans les studios de la Columbia, et par des interview de quelques familiers et de son fils, le batteur T.S. Monk.
Charlotte Zwerin est la femme du tromboniste Mike Zwerin. Le couple a longuement résidé en France durant la dernière décennie.

Filmographie:
Meet Marlon Brando (28´, USA, 1965)
Salesman (85´, USA, 1968)
Gimme Shelter (91´, USA, 1970)
Running Fence (58´, USA, 1978)
De kooning on de kooning (58´, USA, 1982)
Thelonious Monk: Straight, No Chaser (90´, USA, 1988)
Music for the Movies: Tôru Takemitsu (58´, USA, 1994)

D'après Wikipédia et le site Dafilms - Doc Alliance


RENCONTRE-DEBAT AVEC LE PUBLIC








Vidéo




DES LIENS
POUR ALLER PLUS LOIN


Ecouter l'émission "Nuit Thelonious Monk" par Franck Médioni, Avec la participation de l’écrivain Yves Buin et les témoignages des pianistes :
Franck Amsallem, Laurent Coq, Alain Jean-Marie, Stephan Oliva, François Tusques, René Urtreger et Bojan Zulfikarpasic
 


 Discographie exhaustive des compostitions de Monk




vendredi 20 juillet 2012

Crudeltà, Vertigini, Vocalità | 20 juillet

Film du vendredi 20 juillet
 
LET'S GET LOST

Un film de Bruce Weber


1988, 120 min

Jazz et cinéma ont, dès l’origine, partie liée: tous deux sont nés au début du siècle dernier et le premier film sonore, The Jazz Singer, a symbolisé, dès 1927, l’union intime des deux arts. Pourtant il existe assez peu de films sur des jazzmen : quelques beaux portraits documentaires (Cassenti, Comolli) dont la réalisation a pu échapper à l’ignorance et aux curiosités éphémères du système télévisé ordinaire. Parmi ces rescapés, les films consacrés à Chet Backer et à Thelonious Monk proposés dans cette programmation de 2012 et, il est vrai, conçus à l’origine pour le cinéma. Il faudrait citer aussi quelques biopics : Round Midnight de Bertrand Tavernier, Bird de Clint Eastwood ou encore Ray de Taylor Hackford.

Connu pour ses campagnes de publicité pour les marques Calvin Klein et Ralph Lauren, Bruce Weber est un photographe dont les clichés en noir et blanc exaltent la beauté innocente de la jeunesse californienne, dans une vision hédoniste et naturelle très made in USA, plastiquement dans le sillage d’Herbert List ou de George Platt Lynes. Dans un registre différent, Weber est également un passionné de films et s'avère être un cinéaste de talent. Il a réalisé les clips pour le groupe britannique des Pet Shop Boys et Chris Isaak. Fasciné par le documentaire et les personnalités charismatiques, Bruce Weber réalise Chop Suey en 2001, sur le lutteur Peter Johnson qu'il a photographié pendant quatre ans et Nice Girls Don't Stay For Breakfast, en 2008 sur l'acteur Robert Mitchum.
Son film le plus connu, Let’s Get Lost, sorti en 1988, évoque la vie du grand trompettiste et chanteur Chet Backer dont la vie tumultueuse défraya la chronique dans les années 50 et 60.
Le film décrit l’itinéraire tortueux de ce musicien, de l’Oklahoma à la Californie, de New York à l’Europe. Sa famille, ses amis et des musiciens issus comme lui du Jazz West Coast témoignent et le film accompagne le génial artiste jusqu’en 1987, quelques mois seulement avant sa disparition tragique.
Let’s Get Lost fut assez mal reçu et reste boudé encore par les amateurs de jazz pour lesquels il n’avait pas été seulement conçu. C’est qu’on y entend relativement peu de musique… Plus que le portrait conventionnel d’un musicien, il s’agit de la description d’un homme blessé, d’une impressionnante tragédie de la perdition, l’équivalent documentaire du Puzzle of a Downfall Child, ce portrait en fiction d’une enfant déchue, le film culte de Jerry Schatzberg, lui aussi ancien photographe de mode.


Texte de présentation du catalogue des Films sur la musique


L'INTERVENANT-DEBAT

Né en 1949 à Saint Quentin (Aisne), Xavier Prévost est le neuvième et dernier enfant d'une famille d'agriculteurs picards. Après une licence de philosophie, une maîtrise de lettres modernes, et un diplôme de gestion à l'Université de Lille, il enseigne les lettres, avant de participer en 1980 à la création de "Radio K", station de radio périphérique en modulation de fréquence couvrant le Sud-Est de la France depuis San Remo, Italie. Producteur à Radio France (France Musique, France Culture) depuis 1982, il succède à André Francis comme responsable du bureau du jazz de Radio France/France Musique, en 1997. Il collabore aussi à la presse musicale (notamment Jazz Magazine ), au Dictionnaire du Jazz (Robert Laffont, coll.Bouquins), et à l'Encyclopædia Universalis. Il a publié en 2006 un entretien filmé avec Martial Solal, publié sous forme d'un DVD-rom associé à un livre : Martial Solal, compositeur de l'instant (INA/éd.Michel de Maule).
Membre du conseil d'administration de l'Orchestre National de Jazz dès sa création, en 1986, et jusqu'en 1994 (puis à nouveau de 2005 à 2009), il fut également responsable, pour le Festival de Jazz de Paris, des manifestations associées, de 1983 à 1990.
Membre du comité éditorial des Cahiers du jazz (Nouvelle série, Presses Universitaires de France, 1994-1997), de l'Académie du Jazz et de l'Académie Charles Cros, il a également publié quelques textes consacrés à la littérature, en particulier dans la Nouvelle Revue Française et dans la Revue des Sciences Humaines.

Biographie du site internet de France Musique



RENCONTRE AVEC LE PUBLIC








EN SAVOIR PLUS.. /// 
  
CHET BAKER


Tout jeune déjà, Chet Baker est baigné dans l'univers de la musique : son père, joueur de guitare dans un groupe de country local, lui offre pour ses 12 ans un trombone qu'il s'empresse d'échanger contre une trompette, en raison de son admiration pour le trompettiste Henry James. Appelé à l'armée en 1946, il joue dans l'Army Band et découvre le be-bop. 1952 est l'année du succès naissant : grâce à une audition réussie, il joue avec Charlie Parker, mais surtout il entre dans le Gerry Mulligan' s Pianoless Quartet. Il forme en 1953 The Chet Baker Quartet et remporte un énorme succès avec le disque 'Chet Baker Sings' : il devient une véritable icône aux USA. Il commence à voyager en Europe à partir de 1955 et joue dans diverses formations, surtout françaises. Sa dépendance à la cocaïne et à l'héroïne se fait de plus en plus forte ; les poursuites judiciaires commencent. A Paris, il s'initie au bugle - un instrument proche de la trompette, mais au son plus doux et plus rond. Agressé par des dealers en 1966, il se fait casser la mâchoire et perd plusieurs dents : il se trouve dans l'impossibilité de jouer et ne réapparaît sur scène qu'à partir de 1973, après avoir appris à jouer avec un dentier. Il repart en Europe et enregistre de nombreux albums, notamment pour se payer sa drogue. Au début des années 1980, sa musique devient plus mature et plus profonde. Alors que ses qualités musicales sont au plus haut, Chet Baker décède en tombant mystérieusement de la fenêtre de sa chambre d'hôtel à Amsterdam.





"Chet Baker Let`s Get Lost - Blame it on my youth










DES LIENS
POUR ALLER PLUS LOIN


Ecouter l'émission que lui a consacrée Arnaud Merlin avec Riccardo Del Fra


Chet Baker Lost and found, Site non-officiel de Chet Baker Ressources discographiques importantes


Chet Baker Tribute, site non-officiel





Le site officiel de Bruce Weber




Fiche de Bruce Weber sur l'Internet Movie Database





jeudi 19 juillet 2012

Crudeltà, Vertigini, Vocalità | 19 juillet

Film du jeudi 19 juillet
 
DIETRICH FISCHER-DIESKAU,
La voix de l'âme

Un film de Bruno Monsaingeon


1991, 104 min

Bruno Monsaingeon écrit : « Tout au long d’une carrière d’une exceptionnelle longévité et soigneusement gérée, Dietrich Fischer- Dieskau a en somme pratiqué avec une égale réussite l’alternance des genres les plus divers.
On le disait difficile à approcher, secret, presque timide et inaccessible, mais ce sont là des obstacles qui me stimulent plus qu’ils ne me découragent. En réalité, lors de notre première rencontre professionnelle, j’ai trouvé un homme réservé, mais ouvert et joyeux, tout disposé à parler dans le détail du projet que je venais lui soumettre. Etant donné la dimension du personnage, il ne pouvait s’agir dans mon esprit que d’un projet de vaste envergure, à échéance de plusieurs années pendant lesquelles nous aurions tout le loisir de nous « apprivoiser » l’un l’autre. L’objectif ultime était, bien entendu, de réaliser un vaste portrait filmé, une rétrospective aussi complète que possible de la carrière du chanteur, et qui donne une idée de l’énormité de ce que ce grand artiste a accompli au cours de sa vie.
Dietrich Fischer-Dieskau est un artiste fondamentalement sérieux, un homme soucieux de protéger son travail et son existence privée, et donc fort réticent à l’égard des formes d’expression creuses et éphémères du système télévisé. L’héritage discographique du plus prolifique chanteur de notre temps est évidemment gigantesque – mais assez curieusement, et probablement en raison de son aversion pour la lourde logistique du processus cinématographique, il existe relativement peu de documents filmés ou audiovisuels de ses interprétations
Au début du mois de janvier 1993, je recevais de Dietrich Fischer-Dieskau une lettre brève : « L’heure de la triste vérité est survenue. De ce jour, je renonce à chanter, et annule tout concert et séance d’enregistrement. Cette décision, vous pouvez l’imaginer, n’a pas été facile à prendre, mais après quarante-cinq ans de travail ininterrompu, je suis résolu à me plier à cet impératif catégorique ».
Le plus somptueux chanteur de notre temps avait fait taire son chant. Derrière l’immense artiste, il était désormais temps de découvrir l’homme, et c’est au cours des deux années qui ont suivi que nous avons tourné le portrait qui est ici présenté. En tirant parti de ce que j’avais déjà filmé ou que j’allais encore filmer (concerts en tant que chef d’orchestre, répétitions, cours, séances de travail avec son épouse, l’exquise et ardente Julia Varady), et des archives qu’il me restait à trouver, je me proposais d’explorer l’histoire d’une fulgurante carrière, incarnée dans ce radieux visage juvénile, et qui, à travers tous les genres, nous projetterait jusqu’aux lueurs rougeoyantes et dorées de l’Abendrot de Schubert. En gardant constamment à l’esprit le même objectif, je ne me contenterais pas de la simple ressemblance physionomique. Un portrait doit saisir davantage : ce rayonnement spirituel qui vient de l’intérieur. »
Bruno Monsaingeon

Dietrich Fischer-Dieskau est décédé le 18 mai dernier, dans sa quatre-vingt-septième année. Cette projection est dédiée à sa mémoire.

Texte de présentation du catalogue des Films sur la musique
 

  

 LE REALISATEUR ET INTERVENANT : BRUNO MONSAINGEON 

Bruno Monsaingeon avec Dietrich Fischer-Dieskau - Berlin, 1994 - photo M. Weis

















"Naissance: 5 décembre 1943 à Paris 
Mort: attendue pour un 27 janvier
– devinez pourquoi – Année et lieu encore inconnus.

Entre-temps, Bruno Monsaingeon se sera consacré à la musique, en jouant du violon, en écrivant des livres et en réalisant des films.

Parmi ces derniers, ses portraits d’interprètes légendaires tels que Yehudi Menuhin, Glenn Gould, Dietrich Fischer-Dieskau, David Oïstrakh, Michael Tilson-Thomas, Murray Perahia, Deszö Ranki, Zoltan Kocsis, Viktoria Postnikova, Julia Varady, Nadia Boulanger, le Quatuor Alban Berg, Sviatoslav Richter, Grigori Sokolov, Guennadi Rojdestvensky, et plus récemment, Valeriy Sokolov, David Fray, et Piotr Anderszewski lui ont valu une audience internationale."

Biographie tirée du site officiel de Bruno Monsaingeon
PRESENTATION DE LA SEANCE








EN SAVOIR PLUS... /// 






BRUNO MONSAINGEON A PROPOS DU FILM "LA VOIX DE L'ÂME"


 

Berlin, 1994 - photo M. Weiss

Décembre 1993. Je me trouve au domicile berlinois de Dietrich Fischer-Dieskau. Depuis plusieurs jours, nous examinons ensemble les documents audiovisuels qui le concernent et dont il détient une copie vidéo. Tard dans la soirée, il me montre un programme télévisé ayant pour sujet La belle Maguelone de Brahms. Il y tient un double rôle, chantant d’une part les quinze Romances de la « très étonnante histoire d’amour de la belle Maguelone et du Comte Pierre de Provence », et récitant d’autre part les textes de liaison entre les poèmes. La performance de l’acteur – la voix parlée, ses inflexions, son rythme – est aussi prenante que celle du chanteur. En guise de bis, il donne Feldensamkeit, l’un des Lieder de l’opus 86 de Brahms. L’interprétation est d’une si souveraine beauté que j’éprouve des difficultés à contenir la mise en action intempestive de mon système lacrymal. Je bredouille quelques paroles conventionnelles destinées à la fois à exprimer et à dissimuler mon émotion. Il n’est pas homme à s’épancher de façon incontrôlée et interrompt mes balbutiements. « Ce n’est pas assez legato ; j’aurais dû arrêter plus tôt ». 

Cela fait très exactement un an qu’il a mis un terme à sa carrière de chanteur, après un concert de gala à l’Opéra de Munich le 31 décembre 1992. La décision a été prise, me dit-il, dans la nuit qui a suivi. Brutale, définitive, irrévocable.
En musique, rares sont les interprètes qui ont laissé sur une partition, fut-elle unique, une empreinte si forte qu’on les identifie à elle, qu’elle semble leur appartenir à tout jamais. On pense à Glenn Gould dans les Variations Goldberg, à la Tosca de Maria Callas, à la Fiordiligi d’Elizabeth Schwarzkopf, à Yehudi Menuhin dans le 2ème concerto de Bartok, à Dinu Lipati dans la 1ère Partita de Bach. Avec Dietrich Fischer-Dieskau, c’est tout le vaste monde du Lied allemand dont il s’agit et dont il a parcouru les recoins les plus secrets. Un domaine qu’on ne peut mentionner sans faire référence à lui, et cela pour des générations à venir. Des Lieder, il en a enregistré des milliers, mais aussi des Mélodies françaises, russes et scandinaves ; il a chanté une bonne centaine de rôles d’opéra de toutes les époques, ainsi que des quantités de Cantates et Oratorios. Tout au long d’une carrière d’une exceptionnelle longévité et soigneusement gérée, il a en somme pratiqué avec une égale réussite l’alternance des genres les plus divers. 
 
On le disait difficile à approcher, secret, presque timide et inaccessible, mais ce sont là des obstacles qui me stimulent plus qu’ils ne me découragent. En réalité, lors de notre première rencontre professionnelle, j’ai trouvé un homme réservé, mais ouvert et joyeux, tout disposé à parler dans le détail du projet que je venais lui soumettre. Etant donné la dimension du personnage, il ne pouvait s’agir dans mon esprit que d’un projet de vaste envergure, à échéance de plusieurs années pendant lesquelles nous aurions tout le loisir de nous « apprivoiser » l’un l’autre. L’objectif ultime était, bien entendu, de réaliser un vaste portrait filmé – celui qui fait l’objet de la présente publication - une rétrospective aussi complète que possible de la carrière du chanteur, et qui donne une idée de l’énormité de ce que ce grand artiste a accompli au cours de sa vie. 

Dietrich Fischer-Dieskau est un artiste fondamentalement sérieux, un homme soucieux de protéger son travail et son existence privée, et donc fort réticent à l’égard des formes d’expression creuses et éphémères du système télévisé. L’héritage discographique du plus prolifique chanteur de notre temps est évidemment gigantesque – mais assez curieusement, et probablement en raison de son aversion pour la lourde logistique du processus cinématographique, il existe relativement peu de documents filmés ou audiovisuels de ses interprétations. A l’époque où s’amorçait notre travail en commun, il n’était pas encore ouvertement question d’un quelconque retrait de la scène, et j’entendais une voix qui me semblait n’avoir jamais été si ductile et émouvante ; c’était comme si le maître de cette voix, à force de relire passionnément les grands textes qui avaient accompagné son existence, retrouvait derrière la préméditation intelligente, une sorte de spontanéité première. Désormais, il ne proposait plus seulement ces grands textes à notre écoute ardente, il les incarnait. 

La recherche documentaire que nous avions entreprise nous permettait de détecter des trésors, mais aussi des pièces d’une affligeante banalité cinématographique, ou des joyaux d’une frustrante brièveté, et surtout de faire une analyse à peu près exhaustive des lacunes les plus criantes du répertoire filmé existant. Nous commencerions donc, les premières années, par essayer de combler partiellement ces vides en filmant quelques uns des titres majeur du répertoire de Fischer-Dieskau, lors de récitals que nous organiserions spécifiquement pour les besoins de ce vaste projet : deux cycles Schumann et un programme de Lieder choisis de Schubert, à l’Opéra de Nuremberg, quelques « Masterclasses » à Berlin, ainsi qu’une Belle Meunière à Paris (qui devait, au printemps 1992, être la dernière apparition publique du grand baryton dans cette ville). 

Les programmes une fois définis, avec l’idée de leur donner une existence indépendante, mais aussi de pouvoir ultérieurement y puiser la substance destinée à nourrir le portrait du chanteur, il me fallait mener une réflexion sur la façon de filmer le chant. Tandis que l’aspect mécanique et parfois héroïque de l’acte musical instrumental, pour peu qu’il soit correctement cadré et rythmé, peut faire l’objet d’une transposition visuelle en soi fascinante, il y a dans la voix quelque chose qui va encore au-delà de ce qui se passe avec un instrumentiste : l’implication émotionnelle qui naît du chant et qui illumine le visage du chanteur. La manière de filmer ne peut pas ne pas en être affectée ; si c’est la force de l’expression qu’on cherche avant tout à rendre, les effets dramatiques des rapports entre les plans doivent alterner de façon imperceptible et selon un rythme infiniment plus distendu. Par ailleurs, il existe une complicité entre le chanteur et son accompagnateur ; or la position naturelle du chanteur par rapport au pianiste n’est pas idéale pour la caméra avec tous les obstacles qu’imposent la disposition des salles de concert et la présence d’un public. Le recours à de longs fondus peut, dans une certaine mesure, remédier à la difficulté de définir des angles de prises de vue qui donnent des rapports de plans et de cadres suffisamment subtils et expressifs. Mais, je me suis livré également à l’occasion du tournage d’un récital Schubert à une expérimentation qui me semble féconde. Nous avons filmé une heure et demie de musique à l’aide d’une unique caméra, en un seul long plan-séquence. C’était là aussi une manière de traiter la question de la relation entre le chanteur et son accompagnateur ; demeurer sur le visage du chanteur pendant le postlude du piano à la fin d’un Lied en dit parfois plus long sur cette relation que le fait d’insérer un plan de piano qui brise inévitablement la continuité émotionnelle. Dietrich Fischer-Dieskau n’est pas seulement un chanteur, mais aussi un acteur prodigieux, et au moment où le piano conclut seul une Mélodie, le moindre de ses gestes – un simple tressaillement des sourcils, un regard qui se ferme – reflète très exactement la structure harmonique, rythmique et émotionnelle de la musique. On le sent intensément présent ; il interprète le silence. Le regard naïf d’une caméra qui refuse de se laisser distraire capte un instant de magie. 

Au début du mois de janvier 1993, je recevais de Dietrich Fischer-Dieskau une lettre brève : « L’heure de la triste vérité est survenue. De ce jour, je renonce à chanter, et annule tout concert et séance d’enregistrement. Cette décision, vous pouvez l’imaginer, n’a pas été facile à prendre, mais après quarante cinq ans de travail ininterrompu, je suis résolu à me plier à cet impératif catégorique ».

Le plus somptueux chanteur de notre temps avait fait taire son chant. Derrière l’immense artiste, il était désormais temps de découvrir l’homme, et c’est au cours des deux années qui ont suivi que nous avons tourné le portrait qui est ici présenté. En tirant parti de ce que j’avais déjà filmé ou que j’allais encore filmer (concerts en tant que chef d’orchestre, répétitions, cours, séances de travail avec son épouse, l’exquise et ardente Julia Varady), et des archives qu’il me restait à trouver, je me proposais d’explorer l’histoire d’une fulgurante carrière, incarnée dans ce radieux visage juvénile, et qui, à travers tous les genres, nous projetterait jusqu’aux lueurs rougeoyantes et dorées de l’Abendrot de Schubert. En gardant constamment à l’esprit le même objectif, je ne me contenterais pas de la simple ressemblance physionomique. Un portrait doit saisir davantage : ce rayonnement spirituel qui vient de l’intérieur. 






DIETRICH FISCHER-DIESKAU


Rôles d'opéra











"Ständchen"" (Sérénade), illustre morceau du cycle de lieder "Le Chant du cygne" ("Schwanengesang") de Schubert, avec Gerald Moore au piano (1951)







"Gute Nacht", le premier lied du cycle "Le Voyage d'hiver" ("Die Winterreise") de Schubert, avec Murray Perahia au piano 


   


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