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lundi 16 juillet 2012

Crudeltà, Vertigini, Vocalità | 16 juillet

Film du lundi 16 juillet
 
GESUALDO - MORT A 5 VOIX

Un film de Werner Herzog


1995, 60 min

Descendant des rois normands de Sicile, prince de Venosa et comte de Conza, Carlo Gesualdo est aussi un compositeur majeur du premier 17ème siècle. Il défraya la chronique de son temps pour avoir perpétré le meurtre de sa première épouse et de son amant, en situation d'adultère. Selon ses dires, Gesualdo sombra ensuite dans une profonde mélancolie et ne put jamais oublier son crime.
Sa vie et son œuvre sont marqués par une souffrance extatique et une volupté douloureuse liée à ce fait divers tragique. Connue pour des madrigaux d’une intense expressivité, mais aussi pour des œuvres sacrées presque aussi nombreuses que ses œuvres profanes, la musique de Gesualdo est faite de dissonances, de variations rythmiques abruptes riches en chromatismes et en ruptures qui semblent toujours aussi audacieuses aux oreilles d’aujourd’hui.
Plusieurs opéras ont été consacrés à la figure mystérieuse et à l'existence agitée du compositeur : « Gesualdo » d'Alfred Schnittke, présenté au Staatsoper de Vienne en 1993, « Luci mie traditrici » de Salvatore Sciarrino (1998) pour le Festival de Schwetzingen et, tout récemment, « Gesualdo » de Marc-André Dalbavie, sur un livret de Richard Millet, pour l’opéra de Zurich.
Lorsque Werner Herzog s’est lui aussi intéressé au personnage de Gesualdo, ce thème semblait bien flotter dans l’air du temps. Attiré par les personnalités excentriques (Gaspard Hauser, Aguirre ou encore Firzcarraldo), Werner Herzog semblait particulièrement apte à traduire l’univers étrange, la vie tourmentée, la légende et l'œuvre visionnaire du Maître de Venosa, mais il ne fallait pas s’attendre pour ce documentaire à un traitement conventionnel. En interrogeant historiens et musiciens, le réalisateur a certes donné la parole aux spécialistes, mais il s’est également adressé aux habitants de Venosa afin de recueillir leur sentiment sur « leur Prince ». Il ne s’agissait pas seulement pour lui de présenter des faits, mais bien de traiter un mythe étonnant, une sorte de « Légende noire » qui fascine depuis trois siècles. 

Texte de présentation du catalogue des Films sur la musique



L'INTERVENANT-DEBAT : PIERRE CHARVET

Pierre Charvet est un compositeur français né en 1968 à Montpellier. Diplômé en 1991, avec les honneurs, d’un Master en composition de la Manhattan School of Music, il intègre ensuite la première promotion du cursus de composition de l’Ircam. Depuis, il a reçu de nombreuses commandes, sa musique a été jouée lors de multiples concerts, et diffusée à la radio et à la télévision. Son CD monographique L'Invitation au voyage paru chez Universal Classics a été primé au Grand Prix des compositeurs de La Lettre du musicien. Son langage musical utilise aussi bien l’instrumentarium traditionnel que les nouvelles technologies du son.
Il développe également une activité pédagogique en particulier dans les médias. Il a enseigné la composition à la Manhattan School of Music de 94 à 2001. Il est l’auteur et le présentateur de Presto !, émission musicale de France 2, qui pendant trois ans a réuni chaque semaine quatre millions de téléspectateurs. A la radio, il écrit et présente Le Mot du jour, tous les matins sur France Musique, émission parmi les plus téléchargées de la station, et pour la rentrée 2011, un nouveau programme quotidien, Du côté de chez Pierre. Il présente les concerts pédagogiques de la Cité de la musique et de la Salle Pleyel. Il est l’auteur de deux livres, Comment parler de musique aux enfants (Adam Biro Ed.), Entretiens avec Philippe Caubère (L’insolite Ed.). Depuis septembre 2011, Pierre Charvet est aussi directeur adjoint du Festival de Radio France MTP-LR.

Parmi ses oeuvres récentes, Regardez-le !, pour orchestre symphonique et électronique, composée pour Les Siècles et François-Xavier Roth. Entre sa création au Festival Juventus, et sa plus récente performance à Paris par l’Orchestre Philharmonique de Radio France, Regardez-le ! a été jouée plus d’une dizaine de fois à travers le monde entier. Ces deux dernières années il compose aussi And Death, commande d’État, pour alto et électronique, créé à Radio France ; Come away, commande du Festival Juventus, pour Balafon chromatique et électronique. Pierre Charvet a également composé une musique de scène pour L’épilogue à l’homme qui danse, l’œuvre monumentale de Philippe Caubère. Il travaille actuellement à un concerto pour piano, ainsi qu’à une pièce pour grand orchestre, commande de l’Orchestre Philharmonique de Radio France.

Biographie tirée du site officiel de Pierre Charvet

 

RENCONTRE-DEBAT AVEC LE PUBLIC

 


 


 

 Film du débat



 

  LE REALISATEUR : WERNER HERZOG 


Né en 1942 à Munich, Werner Herzog est « le plus allemand des cinéastes allemands contemporains », selon son collègue et ami Volker Schlöndorff. Ses films témoignent incontestablement d’une volonté de s’inscrire dans cette tradition littéraire, philosophique et cinématographique. D’où une fusion de traits romantiques et expressionnistes, une fascination pour des personnages hors du commun, des références au fantastique et un culte de la nature qui lui ont valu une partie de son succès. Que ce soient des documentaires, des films historiques, des projets pharaoniques ou des récits de science-fiction, il aime explorer toutes les formes de cinéma depuis ses débuts. Rendu célèbre par Aguirre, la colère de Dieu (1972), il remporte en 1982 le prix de la mise en scène à Cannes pour Fiztcarraldo. Mais si Herzog est capable de mettre en scène des films spectaculaires, son œuvre révèle un désir de revisiter l’histoire à travers des mythes cinématographiques ou des faits réels. C’est ainsi que son Nosferatu, le fantôme de la nuit (1979), remake du chef-d’œuvre de Murnau et L’Énigme de Kaspar Hauser (1974) constituent les sommets d’une filmographie riche et singulière. Werner Herzog est un aventurier, auteur d’une cinquantaine de films hors du commun. Indubitablement, une des figures marquantes du 7e art.


 

 CARLO GESUALDO 
Né vers 1661 (?) ou le 8 mars 1566 (?) à Venosa ;  mort le 8 septembre 1613 à Gesualdo. Grand seigneur de la Renaissance italienne, Don Carlo Gesualdo est prince de Venosa, comte de Conza. Il est le deuxième fils de Fabrizio Gesualdo et de Girolama Borromeo, nièce du pape Pie IV. Il reçoit sa formation musicale dans une académie fondée par son père. Fréquentée par des musiciens comme G. de Macque, Bartolomeo Roy et P. Nenna qui est peut-être son professeur.
En 1585 il publie son motet Ne reminiscaris, Domine, qui montre sa maîtrise de l'écriture du contrepoint. La même année, suite au décès de son frère aîné Luigi, il hérite des titres et des droits dynastiques. Il épouse en 1586, sa cousine Maria d'Avalos. Le 16 octobre 1590, il la surprend dans des relations amoureuses avec Fabrizio Carafa, duc d'Andria. Il les assassine ou les fait assassiner. Pour échapper, malgré son rang qui lui vaut l'immunité, aux complications de la justice, mais aussi à la vengeance familiale, il se réfugie dans ses terres de Gesualdo, en Campanie. Cette affaire a un très grand retentissement et fait l'objet de nombreux récits poétiques. Il consacre trois années de réclusion à la composition, avant de réapparaître dans le monde en 1593. Le 21 février 1594, il épouse, à Ferrare Leonora, d'Este, nièce du duc de Ferrare Alfonso II.  À la brillante cour de Ferrare, il se lie avec Torquato Tasso. En mai-juin 1594, il fait publier, chez Vittorio Baldini, à Ferrare, ses deux premiers livres de madrigaux à cinq voix : Madrigali libro primo et Madrigali libro secondo, dont plusieurs composés sur des textes Torquato Tasso.
Son rang ne lui permettant pas les activités roturières, ses livres ne sont pas publiés sous son nom. Le second livre de madrigaux a déjà publié sous le nom de Gioseppe Pilonij, et le premier est préparé par l'organiste et compositeur Scipione Stella, son maître de chapelle. En mars 1595, ses Madrigali libro terzo , à cinq voix, sont publiés par Vittorio Baldini à Ferrare. La même année il fait la connaissance, à la cour de Ferrare, de Luzzasco Luzzaschi, organiste admiré, mais encore important et influent compositeur et professeur de la seconda prattica (nouvelle expressivité illustrée par l'œuvre de Monteverdi.
En 1596, il dédie son Madrigali libro quarto (madrigaux à 5 voix imprimés par Vittorio Baldini à Ferrare), à Luzzasco Luzzaschi. Après la mort du duc Alphonse II, en 1597, Gersualdo quitte la cour de Ferrare, dont l'activité artistique décline, et retourne dans le Sud. En octobre 1600 son fils Alfonsino  meurt. Il fait publier, en 1603, chez Costantino Vitale à Naples, deux livres de Sacrae Cantiones, le premier à cinq voix, le second, dont on ne possède pas d'exemplaire complet, à six et sept voix. Il commence à utiliser sa propre imprimerie, d'où sortent, dès 1611, un Responsoria et alia ad Officium Hebdomadae Sanctae spectantia (Repons à six voix pour l'office de ténèbres), le Madrigali libro quinto, et le Madrigali libro sesto. En 1613, Giuseppe Pavoni, publie à Gênes, les six livres de madrigaux sous le titre Partitura delli sei libri de'madrigali. Il meurt le 8 septembre 1613 à Gesualdo. Il laisse 110 madrigaux à 5 voix, un livre de madrigaux à 6 voix parvenu incomplet, 2 livres de motets et un de répons. 
Biographie de Jean-Marc Warszawski sur musicologie.org
   


DES LIENS
POUR ALLER PLUS LOIN


Le site officiel de Werner Herzog
Filmographie complète du cinéaste
Filmographie détaillée sur le cinéaste
Photos



Texte long d'Antoine de Baecque sur Werner Herzog


Le site musicologie.org
Catalogue des oeuvres de Gesualdo
Discographie




Les articles très complets de Wikipédia