Film du lundi 16 juillet
GESUALDO - MORT A 5 VOIX
Un film de Werner Herzog
1995, 60 min
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Descendant des rois normands de Sicile,
prince de Venosa et comte de Conza, Carlo Gesualdo est aussi un
compositeur majeur du premier 17ème siècle. Il défraya
la chronique de son temps pour avoir perpétré le meurtre de sa
première épouse et de son amant, en situation d'adultère. Selon
ses dires, Gesualdo sombra ensuite dans une profonde mélancolie et
ne put jamais oublier son crime.
Sa vie et son œuvre sont marqués par
une souffrance extatique et une volupté douloureuse liée à ce fait
divers tragique. Connue pour des madrigaux d’une intense
expressivité, mais aussi pour des œuvres sacrées presque aussi
nombreuses que ses œuvres profanes, la musique de Gesualdo est faite
de dissonances, de variations rythmiques abruptes riches en
chromatismes et en ruptures qui semblent toujours aussi audacieuses
aux oreilles d’aujourd’hui.
Plusieurs opéras ont été consacrés
à la figure mystérieuse et à l'existence agitée du compositeur :
« Gesualdo » d'Alfred Schnittke, présenté au Staatsoper
de Vienne en 1993, « Luci mie traditrici » de Salvatore
Sciarrino (1998) pour le Festival de Schwetzingen et, tout récemment,
« Gesualdo » de Marc-André Dalbavie, sur un livret de
Richard Millet, pour l’opéra de Zurich.
Lorsque Werner Herzog s’est lui
aussi intéressé au personnage de Gesualdo, ce thème semblait bien
flotter dans l’air du temps. Attiré par les personnalités
excentriques (Gaspard Hauser, Aguirre ou encore Firzcarraldo), Werner
Herzog semblait particulièrement apte à traduire l’univers
étrange, la vie tourmentée, la légende et l'œuvre visionnaire du
Maître de Venosa, mais il ne fallait pas s’attendre pour ce
documentaire à un traitement conventionnel. En interrogeant
historiens et musiciens, le réalisateur a certes donné la parole
aux spécialistes, mais il s’est également adressé aux habitants
de Venosa afin de recueillir leur sentiment sur « leur
Prince ». Il ne s’agissait pas seulement pour lui de
présenter des faits, mais bien de traiter un mythe étonnant, une
sorte de « Légende noire » qui fascine depuis trois
siècles.
Texte de présentation du catalogue des Films sur la musique
L'INTERVENANT-DEBAT : PIERRE CHARVET
Pierre
Charvet est un compositeur français né en 1968 à Montpellier. Diplômé en 1991, avec les
honneurs, d’un Master en composition de la Manhattan School of
Music, il intègre ensuite la première promotion du cursus de
composition de l’Ircam. Depuis, il a reçu de nombreuses commandes,
sa musique a été jouée lors de multiples concerts, et diffusée à
la radio et à la télévision. Son CD monographique L'Invitation
au voyage paru chez Universal Classics a
été primé au Grand Prix des compositeurs de La Lettre du musicien.
Son langage musical utilise aussi bien l’instrumentarium
traditionnel que les nouvelles technologies du son.
Il développe également une
activité pédagogique en particulier dans les médias. Il
a enseigné la composition à la Manhattan School of Music de 94 à
2001. Il est l’auteur et le présentateur de Presto !,
émission musicale de France 2, qui pendant trois ans a réuni chaque
semaine quatre millions de téléspectateurs. A la radio, il écrit
et présente Le Mot du jour,
tous les matins sur France Musique, émission parmi les plus
téléchargées de la station, et pour la rentrée 2011, un nouveau
programme quotidien, Du côté de chez
Pierre. Il présente les concerts
pédagogiques de la Cité de la musique et de la Salle Pleyel. Il est
l’auteur de deux livres, Comment parler de musique aux enfants
(Adam Biro Ed.), Entretiens avec Philippe Caubère (L’insolite
Ed.). Depuis septembre 2011, Pierre Charvet est aussi directeur
adjoint du Festival de Radio France MTP-LR.
Parmi ses oeuvres récentes,
Regardez-le !,
pour orchestre symphonique et électronique, composée pour Les
Siècles et François-Xavier Roth. Entre sa création au Festival
Juventus, et sa plus récente performance à Paris par l’Orchestre
Philharmonique de Radio France, Regardez-le !
a été jouée plus d’une dizaine de fois à travers le monde
entier. Ces deux dernières années il compose aussi And
Death, commande d’État, pour alto et
électronique, créé à Radio France ; Come
away, commande du Festival Juventus, pour
Balafon chromatique et électronique. Pierre Charvet a également
composé une musique de scène pour L’épilogue
à l’homme qui danse, l’œuvre
monumentale de Philippe Caubère. Il travaille actuellement à un
concerto pour piano, ainsi qu’à une pièce pour grand orchestre,
commande de l’Orchestre Philharmonique de Radio France.
Biographie tirée du site officiel de Pierre Charvet
RENCONTRE-DEBAT AVEC LE PUBLIC
Film du débat
LE REALISATEUR : WERNER HERZOG
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Né en 1942 à Munich, Werner Herzog est « le plus
allemand des cinéastes allemands contemporains », selon son collègue et
ami Volker Schlöndorff. Ses films témoignent incontestablement d’une
volonté de s’inscrire dans cette tradition littéraire, philosophique et
cinématographique. D’où une fusion de traits romantiques et
expressionnistes, une fascination pour des personnages hors du commun,
des références au fantastique et un culte de la nature qui lui ont valu
une partie de son succès. Que ce soient des documentaires, des films
historiques, des projets pharaoniques ou des récits de science-fiction,
il aime explorer toutes les formes de cinéma depuis ses débuts. Rendu
célèbre par Aguirre, la colère de Dieu (1972), il remporte en 1982 le
prix de la mise en scène à Cannes pour Fiztcarraldo. Mais si Herzog est
capable de mettre en scène des films spectaculaires, son œuvre révèle un
désir de revisiter l’histoire à travers des mythes cinématographiques
ou des faits réels. C’est ainsi que son Nosferatu, le fantôme de la nuit
(1979), remake du chef-d’œuvre de Murnau et L’Énigme de Kaspar Hauser
(1974) constituent les sommets d’une filmographie riche et singulière.
Werner Herzog est un aventurier, auteur d’une cinquantaine de films hors
du commun. Indubitablement, une des figures marquantes du 7e art.
CARLO GESUALDO
Né
vers 1661 (?) ou le 8 mars 1566 (?) à Venosa ; mort le 8
septembre 1613 à Gesualdo. Grand
seigneur de la Renaissance italienne, Don Carlo Gesualdo est prince
de Venosa, comte de Conza. Il est le deuxième fils de Fabrizio
Gesualdo et de Girolama Borromeo, nièce du pape Pie IV. Il
reçoit sa formation musicale dans une académie fondée par son
père. Fréquentée par des musiciens comme G. de Macque, Bartolomeo
Roy et P. Nenna qui est peut-être son professeur.
En
1585 il publie son motet Ne reminiscaris, Domine, qui montre
sa maîtrise de l'écriture du contrepoint. La même année, suite au
décès de son frère aîné Luigi, il hérite des titres et des
droits dynastiques. Il
épouse en 1586, sa cousine Maria d'Avalos. Le 16 octobre 1590,
il la surprend dans des relations amoureuses avec Fabrizio Carafa,
duc d'Andria. Il les assassine ou les fait assassiner. Pour échapper,
malgré son rang qui lui vaut l'immunité, aux complications de la
justice, mais aussi à la vengeance familiale, il se réfugie dans
ses terres de Gesualdo, en Campanie. Cette
affaire a un très grand retentissement et fait l'objet de nombreux
récits poétiques. Il consacre trois années de réclusion à la
composition, avant de réapparaître dans le monde en 1593. Le
21 février 1594, il épouse, à Ferrare Leonora, d'Este, nièce
du duc de Ferrare Alfonso II. À la brillante cour de
Ferrare, il se lie avec Torquato Tasso. En
mai-juin 1594, il fait publier, chez Vittorio Baldini, à Ferrare,
ses deux premiers livres de madrigaux à cinq voix : Madrigali
libro primo et Madrigali libro secondo, dont plusieurs
composés sur des textes Torquato Tasso.
Son
rang ne lui permettant pas les activités roturières, ses livres ne
sont pas publiés sous son nom. Le second livre de madrigaux a déjà
publié sous le nom de Gioseppe Pilonij, et le premier est préparé
par l'organiste et compositeur Scipione Stella, son maître de
chapelle. En
mars 1595, ses Madrigali libro terzo , à cinq voix, sont
publiés par Vittorio Baldini à Ferrare. La
même année il fait la connaissance, à la cour de Ferrare, de
Luzzasco Luzzaschi, organiste admiré, mais encore important et
influent compositeur et professeur de la seconda prattica
(nouvelle expressivité illustrée par l'œuvre de Monteverdi.
En
1596, il dédie son Madrigali libro quarto (madrigaux à 5
voix imprimés par Vittorio Baldini à Ferrare), à Luzzasco
Luzzaschi. Après
la mort du duc Alphonse II, en 1597, Gersualdo quitte la cour de
Ferrare, dont l'activité artistique décline, et retourne dans le
Sud. En octobre 1600 son fils Alfonsino meurt. Il
fait publier, en 1603, chez Costantino Vitale à Naples, deux livres
de Sacrae Cantiones, le premier à cinq voix, le second, dont
on ne possède pas d'exemplaire complet, à six et sept voix. Il
commence à utiliser sa propre imprimerie, d'où sortent, dès 1611,
un Responsoria et alia ad Officium Hebdomadae Sanctae spectantia
(Repons à six voix pour l'office de ténèbres), le Madrigali
libro quinto, et le Madrigali libro sesto. En
1613, Giuseppe Pavoni, publie à Gênes, les six livres de madrigaux
sous le titre Partitura delli sei libri de'madrigali. Il
meurt le 8 septembre 1613 à Gesualdo. Il laisse 110 madrigaux à
5 voix, un livre de madrigaux à 6 voix parvenu incomplet, 2 livres
de motets et un de répons.
Biographie de Jean-Marc Warszawski sur musicologie.org
DES LIENS
POUR ALLER PLUS LOIN
Le site officiel de Werner Herzog
Filmographie complète du cinéaste
Filmographie détaillée sur le cinéaste
Photos
Texte long d'Antoine de Baecque sur Werner Herzog
Les articles très complets de Wikipédia
sur Werner Herzog












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