Film du vendredi 20 juillet
LET'S GET LOST
Un film de Bruce Weber
1988, 120 min
Jazz
et cinéma ont, dès l’origine, partie liée: tous deux sont nés
au début du siècle dernier et le premier film sonore, The Jazz
Singer, a symbolisé, dès 1927, l’union intime des deux arts.
Pourtant il existe assez peu de films sur des jazzmen :
quelques beaux portraits documentaires (Cassenti, Comolli) dont la
réalisation a pu échapper à l’ignorance et aux curiosités
éphémères du système télévisé ordinaire. Parmi ces rescapés,
les films consacrés à Chet Backer et à Thelonious Monk proposés
dans cette programmation de 2012 et, il est vrai, conçus à
l’origine pour le cinéma. Il faudrait citer aussi quelques
biopics : Round Midnight de Bertrand Tavernier, Bird de
Clint Eastwood ou encore Ray de Taylor Hackford.
Connu
pour ses campagnes de publicité pour les marques Calvin Klein et
Ralph Lauren, Bruce Weber est un photographe dont les clichés en
noir et blanc exaltent la beauté innocente de la jeunesse
californienne, dans une vision hédoniste et naturelle très made
in USA, plastiquement dans le sillage d’Herbert List ou de
George Platt Lynes. Dans un registre différent, Weber est également
un passionné de films et s'avère être un cinéaste de talent. Il a
réalisé les clips pour le groupe britannique des Pet Shop Boys et
Chris Isaak. Fasciné par le documentaire et les personnalités
charismatiques, Bruce Weber réalise Chop Suey en 2001, sur le
lutteur Peter Johnson qu'il a photographié pendant quatre ans et
Nice Girls Don't Stay For Breakfast, en 2008 sur l'acteur
Robert Mitchum.
Son
film le plus connu, Let’s Get Lost, sorti en 1988, évoque
la vie du grand trompettiste et chanteur Chet Backer dont la vie
tumultueuse défraya la chronique dans les années 50 et 60.
Le
film décrit l’itinéraire tortueux de ce musicien, de l’Oklahoma
à la Californie, de New York à l’Europe. Sa famille, ses amis et
des musiciens issus comme lui du Jazz West Coast témoignent
et le film accompagne le génial artiste jusqu’en 1987, quelques
mois seulement avant sa disparition tragique.
Let’s
Get Lost fut assez mal reçu et reste boudé encore par les
amateurs de jazz pour lesquels il n’avait pas été seulement
conçu. C’est qu’on y entend relativement peu de musique… Plus
que le portrait conventionnel d’un musicien, il s’agit de la
description d’un homme blessé, d’une impressionnante tragédie
de la perdition, l’équivalent documentaire du Puzzle of a
Downfall Child, ce portrait en fiction d’une enfant déchue, le
film culte de Jerry Schatzberg, lui aussi ancien photographe de mode.
Texte de présentation du catalogue des Films sur la musique
L'INTERVENANT-DEBAT
Né en 1949 à
Saint Quentin (Aisne), Xavier Prévost est le neuvième et dernier
enfant d'une famille d'agriculteurs picards. Après une licence de
philosophie, une maîtrise de lettres modernes, et un diplôme de
gestion à l'Université de Lille, il enseigne les lettres, avant de
participer en 1980 à la création de "Radio K", station de
radio périphérique en modulation de fréquence couvrant le Sud-Est
de la France depuis San Remo, Italie. Producteur à Radio France
(France Musique, France Culture) depuis 1982, il succède à André
Francis comme responsable du bureau du jazz de Radio France/France
Musique, en 1997. Il collabore aussi à la presse musicale (notamment
Jazz Magazine ), au Dictionnaire du Jazz (Robert
Laffont, coll.Bouquins), et à l'Encyclopædia Universalis.
Il a publié en 2006 un entretien filmé avec Martial Solal, publié
sous forme d'un DVD-rom associé à un livre : Martial Solal,
compositeur de l'instant (INA/éd.Michel de Maule).
Membre du conseil
d'administration de l'Orchestre National de Jazz dès sa création,
en 1986, et jusqu'en 1994 (puis à nouveau de 2005 à 2009), il fut
également responsable, pour le Festival de Jazz de Paris, des
manifestations associées, de 1983 à 1990.
Membre du comité éditorial
des Cahiers du jazz
(Nouvelle série, Presses Universitaires de France, 1994-1997), de
l'Académie du Jazz et de l'Académie Charles Cros, il a également
publié quelques textes consacrés à la littérature, en particulier
dans la Nouvelle
Revue Française et
dans la Revue des
Sciences Humaines.
Biographie du site internet de France Musique
CHET BAKER
Tout jeune déjà, Chet Baker est baigné dans l'univers de la musique :
son père, joueur de guitare dans un groupe de country local, lui offre
pour ses 12 ans un trombone qu'il s'empresse d'échanger contre une
trompette, en raison de son admiration pour le trompettiste Henry James.
Appelé à l'armée en 1946, il joue dans l'Army Band et découvre le
be-bop. 1952 est l'année du succès naissant : grâce à une audition
réussie, il joue avec Charlie Parker, mais surtout il entre dans le
Gerry Mulligan' s Pianoless Quartet. Il forme en 1953 The Chet Baker
Quartet et remporte un énorme succès avec le disque 'Chet Baker Sings' :
il devient une véritable icône aux USA. Il commence à voyager en Europe
à partir de 1955 et joue dans diverses formations, surtout françaises.
Sa dépendance à la cocaïne et à l'héroïne se fait de plus en plus forte ;
les poursuites judiciaires commencent. A Paris, il s'initie au bugle -
un instrument proche de la trompette, mais au son plus doux et plus
rond. Agressé par des dealers en 1966, il se fait casser la mâchoire et
perd plusieurs dents : il se trouve dans l'impossibilité de jouer et ne
réapparaît sur scène qu'à partir de 1973, après avoir appris à jouer
avec un dentier. Il repart en Europe et enregistre de nombreux albums,
notamment pour se payer sa drogue. Au début des années 1980, sa musique
devient plus mature et plus profonde. Alors que ses qualités musicales
sont au plus haut, Chet Baker décède en tombant mystérieusement de la
fenêtre de sa chambre d'hôtel à Amsterdam.
"Chet Baker Let`s Get Lost - Blame it on my youth
DES LIENS
POUR ALLER PLUS LOIN
Ecouter l'émission que lui a consacrée Arnaud Merlin avec Riccardo Del Fra
Chet Baker Lost and found, Site non-officiel de Chet Baker Ressources discographiques importantes
Chet Baker Tribute, site non-officiel







