Films du samedi 21 juillet
THELONIOUS MONK -
STRAIGHT, NO CHASER
Un film de Charlotte Zwerin
1988, 90 min
![]() |
| © Jean-Pierre Leloir |
Jazz et cinéma ont, dès l’origine,
partie liée : tous deux sont nés au début du siècle dernier et le
premier film sonore, The Jazz Singer, a symbolisé, dès 1927,
l’union intime des deux arts. Pourtant il existe assez peu de
films sur des jazzmen : quelques beaux portraits documentaires
(Cassenti, Comolli) dont la réalisation a pu échapper à
l’ignorance et aux curiosités éphémères du système télévisé
ordinaire. Parmi ces rescapés, les films consacrés à Chet Backer
et à Thelonious Monk proposés dans cette programmation de 2012 et,
il est vrai, conçus à l’origine pour le cinéma. Il faudrait
citer aussi quelques biopics : Round Midnight de
Bertrand Tavernier, Bird de Clint Eastwood ou encore Ray
de Taylor Hackford.
Connu pour ses campagnes de publicité
pour les marques Calvin Klein et Ralph Lauren, Bruce Weber est un
photographe dont les clichés en noir et blanc exaltent la beauté
innocente de la jeunesse californienne, dans une vision hédoniste et
naturelle très made in USA, plastiquement dans le sillage
d’Herbert List ou de George Platt Lynes. Dans un registre
différent, Weber est également un passionné de films et s'avère
être un cinéaste de talent. Il a réalisé les clips pour le groupe
britannique des Pet Shop Boys et Chris Isaak. Fasciné par le
documentaire et les personnalités charismatiques, Bruce Weber
réalise Chop Suey en 2001, sur le lutteur Peter Johnson qu'il
a photographié pendant quatre ans et Nice Girls Don't Stay For
Breakfast, en 2008 sur l'acteur Robert Mitchum.
Son film le plus connu, Let’s Get
Lost, sorti en 1988, évoque la vie du grand trompettiste et
chanteur Chet Backer dont la vie tumultueuse défraya la chronique
dans les années 50 et 60.
Le film décrit l’itinéraire
tortueux de ce musicien, de l’Oklahoma à la Californie, de New
York à l’Europe. Sa famille, ses amis et des musiciens issus comme
lui du Jazz West Coast témoignent et le film accompagne le
génial artiste jusqu’en 1987, quelques mois seulement avant sa
disparition tragique.
Let’s Get Lost fut assez mal
reçu et reste boudé encore par les amateurs de jazz pour lesquels
il n’avait pas été seulement conçu. C’est qu’on y entend
relativement peu de musique… Plus que le portrait conventionnel
d’un musicien, il s’agit de la description d’un homme blessé,
d’une impressionnante tragédie de la perdition, l’équivalent
documentaire du Puzzle of a Downfall Child, ce portrait en
fiction d’une enfant déchue, le film culte de Jerry Schatzberg,
lui aussi ancien photographe de mode.
Texte de présentation du catalogue des Films sur la musique
L'INTERVENANT : LAURENT CUGNY
Né le 14 avril 1955 à La Garenne-Colombes (France).
Si la notoriété de Laurent Cugny est principalement
attachée à ses activités d’arrangeur et chef
d’orchestre, notamment à la tête de son big band
Lumière ou de l’Orchestre National de Jazz
(1994-1997), elle n’éclipse ni l’auteur d’ouvrages et
d’articles de référence, ni son rôle croissant aux
avants postes de l’enseignement et de la recherche sur
le jazz en France.
Après des études de piano débutées en 1965, il forme plusieurs groupes amateurs parallèlement à des études menées hors du champ musical (sciences économiques puis études cinématographiques). 1979 voit la création, sous sa direction, du big band Lumière, en même temps que l’obtention d’un prix de piano solo au Concours national de jazz de La Défense. Le travail de cet orchestre, ponctué par six albums jusqu’en 1994, sera profondément marqué par la rencontre de son leader avec Gil Evans à l’occasion de l’écriture d’un livre. Devenue musicale, leur collaboration sera à l’origine de plusieurs concerts et enregistrements, et notamment d’une tournée européenne (1987).
Après des études de piano débutées en 1965, il forme plusieurs groupes amateurs parallèlement à des études menées hors du champ musical (sciences économiques puis études cinématographiques). 1979 voit la création, sous sa direction, du big band Lumière, en même temps que l’obtention d’un prix de piano solo au Concours national de jazz de La Défense. Le travail de cet orchestre, ponctué par six albums jusqu’en 1994, sera profondément marqué par la rencontre de son leader avec Gil Evans à l’occasion de l’écriture d’un livre. Devenue musicale, leur collaboration sera à l’origine de plusieurs concerts et enregistrements, et notamment d’une tournée européenne (1987).
Peu après l’écriture d’un second ouvrage consacré
cette fois à la période électrique de Miles Davis,
Laurent Cugny succède à
Denis Badault pour diriger l’Orchestre National de
Jazz. La formation s’appuie essentiellement, par son
effectif, sur les plus fidèles de ses partenaires au
sein de l’orchestre Lumière (Pierre-Olivier Govin à
l’alto, Lionel Benhamou à la guitare ou encore Stéphane
Huchard à la batterie). Quatre albums naissent de cette
aventure brève et intense, parus sur le label Verve.
Laurent Cugny se consacre ensuite, outre à la remise sur
pied intermittente du big band Lumière (un
album paru en 2001), à une activité en petite formation
puis à l’écriture d’un opéra-jazz, La Tectonique des
nuages (à partir d'une pièce de José Rivera, mise
en scène de François Rancillac). L’œuvre sera créée en
version concert en 2006 et reprise au théâtre de la
Ville (Paris) en 2007. Entre-temps, Laurent Cugny signe
de nombreux arrangements pour Lucky Peterson, Abbey
Lincoln, David Linx,
Juliette Gréco, Ricardo Teté, Viktor Lazlo, parmi
d’autres.
Particulièrement actif pour promouvoir la diffusion
du jazz sous toutes ses formes (fondateur et directeur
de la Maison du Jazz entre 2000 et 2004), Laurent Cugny
reprend le chemin de l’université à la fin des années
1990 et soutient en 2001 une thèse de doctorat consacrée
à l’analyse de l’œuvre de jazz (publiée aux éditions
Outre Mesure). Après y avoir exercé diverses activités
d’enseignement, de pratique collective et de recherche
et publié de nombreux articles, il est nommé professeur
de musicologie en 2006 à l’université Paris-Sorbonne
(Paris IV).
Laurent Cugny n’a conservé que peu de traces du free
jazz, par lequel il a pourtant commencé. À la différence
de nombreux musiciens français de sa génération, il
assume un ancrage solide dans une certaine tradition du
jazz et du blues (en témoigne la tournée réalisée avec
Lucky Peterson et l’O.N.J.). Sans prôner pour autant le
retour en arrière, il appuie pour sa part son œuvre de
compositeur et d’arrangeur sur les acquis combinés de
Miles Davis, Gil Evans et
Wayne Shorter.
C’est ainsi qu’il oscille entre l’exploitation de la
dissonance et un statisme harmonique proche de la
modalité ; entre des textures acoustiques aux alliages
sophistiqués et l’énergie des instruments électrifiés ;
entre de longues péroraisons soutenues par des ostinatos
et des constructions formelles plus ambitieuses et
contraignantes. Pianiste et claviériste, il joue à
l’économie en proscrivant tout effet de virtuosité,
procédant par petites touches (à la façon de Gil Evans,
là encore) ou alimentant en arrière-plan le tissu
collectif par des formules rythmiques brèves et
répétées. Il a su, enfin, repérer et mettre en valeur
des solistes d’exception tels Stéphane Guillaume,
Stefano di Battista,
Julien Lourau ou Stéphane Belmondo.
Vincent Cotro pour la médiathèque du site de la Cité de la Musique
Présentation de la séance
EN SAVOIR PLUS ... ////
THELONIOUS MONK
![]() |
| Minton's Playhouse, New York, ca. September 1947. |
Alors
que Monk est souvent considéré comme l'un des fondateurs du bebop,
l'évolution de son style personnel l'a fait s'en éloigner. Il est
d’ailleurs difficile d’établir une filiation même si son jeu
pianistique (assez traditionnel dans les ballades) se rapporte au jeu
stride des années 1920–1930 et si son influence peut être décelée
chez de nombreux musiciens. Ses compositions autant que son jeu
pianistique ont suscité les plus vives réactions tant ils
bousculent la mélodie, l'harmonie et le rythme. Nombre de ses
compositions sont devenues des standards, par exemple : BlueMonk, ’Round Midnight, Well You Needn't, Straight, No Chaser…
Né à Rocky Mount en
Caroline du Nord, sa famille s'établit à Manhattan en 1932. Il
commence à jouer du piano à 6 ans et bien qu'il ait pris
quelques cours, il est considéré comme un autodidacte. À 12 ans,
il accompagne à l'harmonium sa mère qui chante dans l'église
baptiste de son quartier. À 17 ans, il participe à la tournée
d'une évangéliste.
Il suit des cours à la
Stuyvesant High School mais n'a pas obtenu son diplôme.
Il trouve du travail comme
musicien de jazz ; il apparaît sur des enregistrements de Jerry
Newman réalisés autour de 1941 au Minton's Playhouse, un club de
Harlem, où Monk est engagé comme pianiste. Son style très
personnel fait sensation, et attire les grands de l'époque, Dizzy
Gillespie, Bud Powell et Charlie Parker.
En 1944, Monk enregistre en
studio pour la première fois avec le quartet de Coleman Hawkins.
Hawkins aidera Monk en début de carrière, et Monk lui retournera la
pareille en l'invitant à le rejoindre lors de sessions avec John
Coltrane en 1957.
En 1947, il enregistre pour
la première fois sous son nom pour Blue Note. Ces enregistrements
mettent en valeur ses talents de compositeur. La même année, il se
marie avec Nellie Smith. De leur union naîtra un fils, Thelonious
Sphere (T.-S.) Monk (1949), qui deviendra batteur de jazz et une
fille, Barbara (1953 - 1984).
En août 1951, la police de
New York découvre de la drogue (cannabis) dans la voiture de Monk et
de Powell. La drogue est présumée appartenir à Powell, mais Monk
refusant de témoigner contre son ami, se voit confisquer sa carte
lui permettant de jouer dans les clubs de New York.
Monk passe les années 1950
à composer, enregistrer et jouer dans des théâtres.
Après les enregistrements
pour Blue Note de 1947 à 1952, Monk signe avec le label Prestige
pour 2 ans. Il enregistre quelques albums et collabore avec
Sonny Rollins et Art Blakey. En 1954, il participe également aux
albums de Miles Davis : Bags' Groove et Miles Davis and the
Modern Jazz Giants.
En 1954, Monk arrive pour la
première fois en Europe ; il joue et enregistre à Paris. Il
rencontre la baronne Pannonica de Koenigswarter, « Nica »,
membre de la branche anglaise de la famille Rothschild et mécène de
plusieurs musiciens de jazz new-yorkais. Elle restera une amie intime
toute sa vie.
Époque Riverside/Columbia
Au moment de signer pour le
label Riverside, Monk est reconnu par le milieu du jazz, mais ne vend
pas beaucoup d'albums : sa musique est considérée comme peu
accessible pour le grand public. Riverside parvient à convaincre
Monk d'enregistrer deux albums ne contenant que ses interprétations
de standards de jazz, le premier sera Thelonious Monk Plays Duke
Ellington entièrement constitué, comme son titre l'indique, de
compositions de Duke Ellington. Après ces 2 albums destinés à
rendre Monk plus populaire d'après le producteur de Riverside Orrin
Keepnews1, le pianiste enregistre Brilliant Corners, album contenant
beaucoup de compositions originales souvent considéré comme un de
ses meilleurs2. En 1957, Monk récupère sa carte de musicien
l'autorisant à jouer dans les clubs de New York et ainsi à nouveau
être présent sur la scène jazz la plus importante au monde. Durant
la période qui suivit il joua abondamment au Five Spot dans le cadre
d'un quartet comprenant par moment un jeune saxophoniste montant,
John Coltrane. De cette association les amoureux du jazz n'auront
pendant longtemps que des enregistrements peu nombreux et de mauvaise
qualité. Au milieu des années 2000 un enregistrement de bonne
qualité du concert au Carnegie Hall donné par le quartet sera
découvert par hasard pendant un archivage et édité par Blue Note.
L'album intitulé Thelonious Monk Quartet with John Coltrane at
Carnegie Hall est vite décrit comme un album important de ces 2
géants du jazz3.
En
1962 Monk signe chez Columbia, un des plus importants labels de
l'époque. Le premier album de cette nouvelle période sera produit
par Teo Macero4 et intitulé Monk's Dream, devenant l'album le plus
vendu de la carrière du pianiste5. Monk enregistrera encore d'autres
grands albums chez Columbia comme Criss Cross ou Underground qui
contient l'unique morceau en mesure à 3/4 composé par Monk, Ugly
Beauty.
Fin de carrière et décès
Monk disparaît de la scène
au début des années 1970. Son dernier enregistrement date de
novembre 1971 et il est rarement monté sur scène pendant la
dernière décennie de sa vie. Il vit chez Pannonica de Koenigswarter
les 6 dernières années de sa vie sans toucher le piano, parlant
très peu. Il meurt d'une attaque cérébrale le 17 Février 1982 et
est enterré au cimetière Ferncliff à Hartsdale, New York. Après
sa mort, sa musique est redécouverte par un public plus large et il
est considéré avec Miles Davis, John Coltrane… comme une figure
majeure de l'histoire du jazz.
Anecdotes
- Parfois
pendant une performance, Monk s'arrêtait et se levait pendant que
le groupe continuait. Il se mettait alors à danser et souvent à
tourner sur lui-même, comme en transe.
- Les titres des morceaux
de Thelonious Monk sont souvent choisis après les enregistrements,
donnant lieu a des séances de casse-tête collectifs.
- Ainsi le titre de
Let's call this provient de la perplexité de Monk, qui après
avoir enregistré le titre répète machinalement : « Let's
call this…, let's call this… » (Appelons-la…,
appelons-la…)
- Think of One est
appelé ainsi par l'expression de la lassitude de Thelonious Monk.
Après l'enregistrement, fatigué de réfléchir à un titre, il
dit à son collaborateur « Think of one. (Cherches-en un.) ».
Ce sont ces trois mots qui seront choisis.
- Ainsi le titre de
Let's call this provient de la perplexité de Monk, qui après
avoir enregistré le titre répète machinalement : « Let's
call this…, let's call this… » (Appelons-la…,
appelons-la…)
- Thelonious Monk reçoit
le surnom de « Melodious Thonk » sans doute à cause de
sa manière de jouer, à la fois mélodique et dissonante.
- Le pianiste de jazz
George Shearing — aveugle —, alors qu'il est escorté vers
l'instrument sur lequel il veut répéter avant un concert,
entendant la musique singulière — discordante — jouée par
Monk, aurait déclaré : « Oh, je reviendrai lorsque
l'accordeur aura terminé. »
- D'après
Art Blakey, Monk était très bon aux échecs et aux dames.
Citations
« Bird me présenta à Thelonious Monk. Son utilisation de l'espace dans les solos, sa manipulation d'étranges progressions d'accords m'étourdissaient, me tuaient. Je me disais toujours : « Mais qu'est-ce qu'il fout ce con ? » L'utilisation de l'espace chez Monk a grandement influencé ma façon de jouer les solos.
Tout ce que Monk a composé peut se retrouver sans problème dans les rythmes nouveaux qu'utilisent aujourd'hui les jeunes musiciens — Prince, ma nouvelle musique, plein de choses. C'était un grand musicien, un novateur, surtout en composition et en écriture. Il avait l'habitude de marquer le tempo en bougeant pieds et jambes. S'ils bougeaient tout le temps, il était parti ; sinon, c'était raté. »
— Miles Davis in
Miles Davis avec Quincy Troupe, Miles l'autobiographie, éd. Infolio,
Gollion, 2008.
D'après l'article de Wikipédia
Thelonious Monk Quartet performing Straight No Chaser in televised performance at the Marquee Club, London, 1965. Charlie Rouse (ts), Thelonious Monk (p), Larry Gales (b), Ben Riley (d)
Thelonious Monk, Charlie Rouse, John Ore, Frankie Dunlop (1963 in Baden-Baden Germany)
Blue Monk recorded in 1958
LA REALISATRICE : CHARLOTTE ZWERIN
La réalisatrice américaine
Charlotte Zwerin née le 15 août 1931 à Detroit dans le
Michigan est décédée le 22 janvier 2004 à New York d'un
cancer à l'âge de 72 ans.
Elle est la réalisatrice du
film Thelonious Monk: Straight, No Chaser consacré au pianiste
Thelonious Monk.
Les caméramen Michael et
Christian Blackwood filment en 1967-1968, le pianiste,
essentiellement durant une tournée européenne avec un orchestre
d'effectifs moyen Cette œuvre d'une heure est diffusée sur une
télévision allemande.
En 1980, Charlotte Zwerin
est contactée par un producteur, les difficultés financières sont
aplanies grâce à l'aide de Clint Eastwood. La réalisatrice
enrichit le film par des extraits de séances d'enregistrements dans
les studios de la Columbia, et par des interview de quelques
familiers et de son fils, le batteur T.S. Monk.
Charlotte Zwerin est la
femme du tromboniste Mike Zwerin. Le couple a longuement résidé en
France durant la dernière décennie.
Filmographie:
Meet Marlon Brando (28´, USA, 1965)
Salesman (85´, USA, 1968)
Gimme Shelter (91´, USA, 1970)
Running Fence (58´, USA, 1978)
De kooning on de kooning (58´, USA, 1982)
Thelonious Monk: Straight, No Chaser (90´, USA, 1988)
Music for the Movies: Tôru Takemitsu (58´, USA, 1994)
Salesman (85´, USA, 1968)
Gimme Shelter (91´, USA, 1970)
Running Fence (58´, USA, 1978)
De kooning on de kooning (58´, USA, 1982)
Thelonious Monk: Straight, No Chaser (90´, USA, 1988)
Music for the Movies: Tôru Takemitsu (58´, USA, 1994)
D'après Wikipédia et le site Dafilms - Doc Alliance
RENCONTRE-DEBAT AVEC LE PUBLIC
Vidéo
DES LIENS
POUR ALLER PLUS LOIN
Ecouter l'émission "Nuit Thelonious Monk" par Franck Médioni, Avec la participation de l’écrivain Yves Buin et les témoignages des pianistes :
Franck Amsallem, Laurent Coq, Alain Jean-Marie, Stephan Oliva, François Tusques, René Urtreger et Bojan Zulfikarpasic









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