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vendredi 20 juillet 2012

Crudeltà, Vertigini, Vocalità | 20 juillet

Film du vendredi 20 juillet
 
LET'S GET LOST

Un film de Bruce Weber


1988, 120 min

Jazz et cinéma ont, dès l’origine, partie liée: tous deux sont nés au début du siècle dernier et le premier film sonore, The Jazz Singer, a symbolisé, dès 1927, l’union intime des deux arts. Pourtant il existe assez peu de films sur des jazzmen : quelques beaux portraits documentaires (Cassenti, Comolli) dont la réalisation a pu échapper à l’ignorance et aux curiosités éphémères du système télévisé ordinaire. Parmi ces rescapés, les films consacrés à Chet Backer et à Thelonious Monk proposés dans cette programmation de 2012 et, il est vrai, conçus à l’origine pour le cinéma. Il faudrait citer aussi quelques biopics : Round Midnight de Bertrand Tavernier, Bird de Clint Eastwood ou encore Ray de Taylor Hackford.

Connu pour ses campagnes de publicité pour les marques Calvin Klein et Ralph Lauren, Bruce Weber est un photographe dont les clichés en noir et blanc exaltent la beauté innocente de la jeunesse californienne, dans une vision hédoniste et naturelle très made in USA, plastiquement dans le sillage d’Herbert List ou de George Platt Lynes. Dans un registre différent, Weber est également un passionné de films et s'avère être un cinéaste de talent. Il a réalisé les clips pour le groupe britannique des Pet Shop Boys et Chris Isaak. Fasciné par le documentaire et les personnalités charismatiques, Bruce Weber réalise Chop Suey en 2001, sur le lutteur Peter Johnson qu'il a photographié pendant quatre ans et Nice Girls Don't Stay For Breakfast, en 2008 sur l'acteur Robert Mitchum.
Son film le plus connu, Let’s Get Lost, sorti en 1988, évoque la vie du grand trompettiste et chanteur Chet Backer dont la vie tumultueuse défraya la chronique dans les années 50 et 60.
Le film décrit l’itinéraire tortueux de ce musicien, de l’Oklahoma à la Californie, de New York à l’Europe. Sa famille, ses amis et des musiciens issus comme lui du Jazz West Coast témoignent et le film accompagne le génial artiste jusqu’en 1987, quelques mois seulement avant sa disparition tragique.
Let’s Get Lost fut assez mal reçu et reste boudé encore par les amateurs de jazz pour lesquels il n’avait pas été seulement conçu. C’est qu’on y entend relativement peu de musique… Plus que le portrait conventionnel d’un musicien, il s’agit de la description d’un homme blessé, d’une impressionnante tragédie de la perdition, l’équivalent documentaire du Puzzle of a Downfall Child, ce portrait en fiction d’une enfant déchue, le film culte de Jerry Schatzberg, lui aussi ancien photographe de mode.


Texte de présentation du catalogue des Films sur la musique


L'INTERVENANT-DEBAT

Né en 1949 à Saint Quentin (Aisne), Xavier Prévost est le neuvième et dernier enfant d'une famille d'agriculteurs picards. Après une licence de philosophie, une maîtrise de lettres modernes, et un diplôme de gestion à l'Université de Lille, il enseigne les lettres, avant de participer en 1980 à la création de "Radio K", station de radio périphérique en modulation de fréquence couvrant le Sud-Est de la France depuis San Remo, Italie. Producteur à Radio France (France Musique, France Culture) depuis 1982, il succède à André Francis comme responsable du bureau du jazz de Radio France/France Musique, en 1997. Il collabore aussi à la presse musicale (notamment Jazz Magazine ), au Dictionnaire du Jazz (Robert Laffont, coll.Bouquins), et à l'Encyclopædia Universalis. Il a publié en 2006 un entretien filmé avec Martial Solal, publié sous forme d'un DVD-rom associé à un livre : Martial Solal, compositeur de l'instant (INA/éd.Michel de Maule).
Membre du conseil d'administration de l'Orchestre National de Jazz dès sa création, en 1986, et jusqu'en 1994 (puis à nouveau de 2005 à 2009), il fut également responsable, pour le Festival de Jazz de Paris, des manifestations associées, de 1983 à 1990.
Membre du comité éditorial des Cahiers du jazz (Nouvelle série, Presses Universitaires de France, 1994-1997), de l'Académie du Jazz et de l'Académie Charles Cros, il a également publié quelques textes consacrés à la littérature, en particulier dans la Nouvelle Revue Française et dans la Revue des Sciences Humaines.

Biographie du site internet de France Musique



RENCONTRE AVEC LE PUBLIC








EN SAVOIR PLUS.. /// 
  
CHET BAKER


Tout jeune déjà, Chet Baker est baigné dans l'univers de la musique : son père, joueur de guitare dans un groupe de country local, lui offre pour ses 12 ans un trombone qu'il s'empresse d'échanger contre une trompette, en raison de son admiration pour le trompettiste Henry James. Appelé à l'armée en 1946, il joue dans l'Army Band et découvre le be-bop. 1952 est l'année du succès naissant : grâce à une audition réussie, il joue avec Charlie Parker, mais surtout il entre dans le Gerry Mulligan' s Pianoless Quartet. Il forme en 1953 The Chet Baker Quartet et remporte un énorme succès avec le disque 'Chet Baker Sings' : il devient une véritable icône aux USA. Il commence à voyager en Europe à partir de 1955 et joue dans diverses formations, surtout françaises. Sa dépendance à la cocaïne et à l'héroïne se fait de plus en plus forte ; les poursuites judiciaires commencent. A Paris, il s'initie au bugle - un instrument proche de la trompette, mais au son plus doux et plus rond. Agressé par des dealers en 1966, il se fait casser la mâchoire et perd plusieurs dents : il se trouve dans l'impossibilité de jouer et ne réapparaît sur scène qu'à partir de 1973, après avoir appris à jouer avec un dentier. Il repart en Europe et enregistre de nombreux albums, notamment pour se payer sa drogue. Au début des années 1980, sa musique devient plus mature et plus profonde. Alors que ses qualités musicales sont au plus haut, Chet Baker décède en tombant mystérieusement de la fenêtre de sa chambre d'hôtel à Amsterdam.





"Chet Baker Let`s Get Lost - Blame it on my youth










DES LIENS
POUR ALLER PLUS LOIN


Ecouter l'émission que lui a consacrée Arnaud Merlin avec Riccardo Del Fra


Chet Baker Lost and found, Site non-officiel de Chet Baker Ressources discographiques importantes


Chet Baker Tribute, site non-officiel





Le site officiel de Bruce Weber




Fiche de Bruce Weber sur l'Internet Movie Database





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